ITER : Bureau Veritas au cœur du chantier le plus ambitieux de l’histoire énergétique mondiale
Au nord de Marseille, l’installation de fusion le plus ambitieuse jamais conçue est en construction depuis 2010. Porté par 34 pays, ITER mise sur la fusion nucléaire pour bouleverser la production énergétique mondiale. Bureau Veritas mobilise en permanence une équipe d’experts sur ce chantier hors normes.
Et si la fusion remplaçait la fission ? Les centrales nucléaires actuellement en fonctionnement reposent toutes sur le principe de la fission. Autrement dit, il s’agit de casser des atomes pour produire de l’énergie via une réaction en chaîne. Avec la fusion, c’est l’inverse. Les atomes sont cette fois fusionnés, à l’image des mécanismes à l’œuvre au cœur des étoiles. ITER vise à reproduire ce procédé sur Terre à Cadarache, à 50 km au nord de Marseille.
« ITER n’est pas un réacteur industriel, précise Julien Montereale, directeur d’agence Bureau Veritas. C’est un prototype de démonstration unique au monde à cette échelle qui doit valider la faisabilité de réactions de fusion contenues pendant plusieurs minutes. Si l’essai est concluant, les expériences menées à ITER aideront les pays membres à concevoir leur propre filière de fusion. »
L’enjeu est colossal. La fusion ouvrirait la voie à une production d’énergie massive à partir d’une quantité réduite de combustible, largement inférieure à une centrale nucléaire classique. Et le procédé génère uniquement des déchets radioactifs à durée de vie courte, de l’ordre d’une dizaine d’années, contre plusieurs millénaires pour les filières actuelles. Autrement dit une énergie abondante et très peu polluante.
Prouver la faisabilité de la fusion nucléaire
Mais la route est encore longue. Le réacteur d’ITER, appelé tokamak, devra fonctionner à une température de 150 millions de degrés en son centre, soit 10 fois plus qu’au cœur du Soleil. « Pour la fusion à grande échelle et une centrale qui tourne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, il faut créer de nouveaux matériaux qui n’existaient tout simplement pas avant ce projet. Autre impératif : un système de refroidissement cryogénique d’une taille inégalée. Et pour générer les champs magnétiques extrêmement puissants nécessaires au fonctionnement du réacteur, il faut recourir à des aimants supraconducteurs, refroidis à une température proche du zéro absolu.
Aux défis techniques s’ajoute un défi humain hors norme. 34 pays contribuent au projet ITER. Sur un même chantier, des équipes venues de Chine, de l'Union européenne (27 pays et la Suisse), d'Inde, du Japon, de la Corée du Sud, de la Russie et des États-Unis doivent collaborer autour de cette alliance scientifique internationale.
Pour aller plus loin :
Comment assurer la sécurité de dispositifs totalement inédits
Bureau Veritas accompagne le projet depuis les premiers coups de pioche pour préparer et viabiliser le site en 2008. Entre 20 et 25 experts sont présents en permanence sur site, répartis sur trois types de missions complémentaires.
D’abord, le contrôle technique de construction comme la vérification des installations électriques, des équipements sous pression, des systèmes de levage et de manutention ou des dispositifs de protection contre l’incendie et la foudre. Des missions en apparence classiques mais appliquées à des équipements sans précédent.
Ensuite, le shop inspection. Avec sa présence internationale, les équipes de Bureau Veritas implantées dans les pays fournisseurs (Corée du Sud, Chine, Japon…) contrôlent la conformité des pièces avant leur expédition vers Cadarache.
Enfin, l’assistance à l’ingénierie réglementaire pour démontrer que les technologies inédites d’ITER respectent les cadres normatifs existants, sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire.
Car comment appliquer des règles existantes à des technologies totalement nouvelles ? C’est l’un des nombreux challenges d’ITER. « La réponse apportée par Bureau Veritas repose sur l’extrapolation raisonnée, fondée sur des décennies d’expertises cumulées dans le nucléaire et la défense, détaille Julien Montereale. Concrètement, l’Autorité de sûreté nucléaire peut exonérer des équipements d’ITER du champ d’application de certains textes réglementaires, non pas pour alléger les exigences, mais parce que certaines normes ne sont pas déclinables sur des équipements inédits. Exonération ne veut pas dire laisser-faire : cela s’accompagne en contrepartie d’exigences de preuves techniques parfois plus sévères. Bureau Veritas contribue à les fournir. »
Un engagement individuel autour du projet
Si ITER est le projet de tous les superlatifs, c’est aussi celui de toutes les incertitudes. Impossible de savoir si la fusion sera finalement maîtrisée. « Au-delà de ses expertises techniques, Bureau Veritas apporte à ITER la posture d’un partenaire présent à toutes les étapes pour relever les enjeux et difficultés.»
Pour les experts Bureau Veritas, l’engagement est aussi personnel. Ils marchent dans un tokamak, touchent des matériaux qui n’existaient pas et contribuent à lever le pont roulant de 1 350 tonnes du hall d’assemblage. « Quand on aime la technique, c’est le Graal. Il n’y a pas d’équivalent. Nos équipes travaillent sur des technologies qui n’existent nulle part ailleurs. Ensemble, nous écrivons une page de l’histoire industrielle. »
FAQ
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Qu'est-ce qu'ITER ?
ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor, ou « le chemin » en latin) est un réacteur expérimental de fusion nucléaire en construction à Cadarache, à 50 km au nord de Marseille. Porté par un partenariat de 34 pays, il a pour objectif de démontrer la faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire contrôlée.
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Quelle est la différence entre fission et fusion nucléaire ?
Les centrales actuelles fonctionnent par fission : elles cassent des atomes lourds pour libérer de l'énergie. La fusion fait l'inverse : elle assemble des noyaux légers (hydrogène) à très haute température, comme au cœur des étoiles. À masse égale, la fusion produit environ 4 millions de fois plus d'énergie que les combustibles fossiles.
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Quels sont les avantages de la fusion par rapport au nucléaire classique ?
La fusion nécessite une quantité de combustible très inférieure à une centrale à fission, et les déchets radioactifs qu'elle génère ne sont pas à durée de vie longue, contre plusieurs millénaires pour les filières actuelles. Elle ne produit pas non plus d’émissions de CO₂ lors de la production d’énergie et son principal sous-produit est l’hélium, un gaz inerte et non toxique. Enfin, la fusion présente un niveau de sûreté intrinsèque élevé : aucune réaction en chaîne ne peut s’emballer et, en cas d’incident, la réaction s’arrête naturellement en quelques secondes.
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Quel est le rôle de Bureau Veritas sur le chantier ITER ?
Bureau Veritas accompagne le projet depuis 2008. Ses experts assurent trois types de missions : le contrôle technique de construction, l'inspection des pièces dans les pays fournisseurs et l'assistance réglementaire pour démontrer que les technologies inédites d'ITER respectent les cadres normatifs existants.
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Comment appliquer des normes de sécurité à des technologies qui n'ont aucun précédent ?
C'est l'un des défis majeurs d'ITER. Certaines normes en vigueur ne sont pas déclinables sur des équipements inédits. L'Autorité de sûreté nucléaire accorde alors des dérogations réglementaires, en contrepartie d'exigences de preuves techniques et scientifiques. Bureau Veritas contribue à les fournir.