Éoliennes : une mission de “haut vol” en Nouvelle-Calédonie
Retour sur le contrôle règlementaire d’éoliennes exploitées par TotalEnergies en Nouvelle-Calédonie. Une mission assurée “au bout du monde” par des experts de Bureau Veritas qui disposent de qualifications bien particulières… et d’une résistance au vertige à toute épreuve !
Sur la pointe sud de la Nouvelle-Calédonie, à 1h30 de Nouméa par route cahoteuse, le parc éolien de Yaté s’apprête à passer son inspection annuelle. En ce matin de décembre, par une météo/ambiance tropicale, les équipes de Bureau Veritas entament les contrôles réglementaires des 24 éoliennes de ce site exploité par TotalEnergies. D’une puissance de 850 kW chacune, ces installations stratégiques contribuent à l’autonomie énergétique du territoire ultra-marin.
La première étape débute par la mise en sécurité. Une échelle verticale attend le binôme, chargé de grimper à 65 m de hauteur, en gravissant un à un les 250 barreaux... L’ascension requiert endurance et absence de vertige.
Habilitation exigée
« Pour ce type d’opérations, il faut obligatoirement disposer de la certification GWO, souligne Jean-Philippe Béraud, manager commercial énergies renouvelables de Bureau Veritas. En plus des règles de sécurité habituelles, elle prévoit aussi de savoir gérer une évacuation d’urgence, un problème médical ou d’effectuer des premiers secours. Une fois au sommet, sur la nacelle étroite, le binôme doit pouvoir faire face à toutes les situations. Pour pallier le manque d'habilitation spécifique de notre inspecteur local en Nouvelle-Calédonie, nous avons fait intervenir un expert détaché de la métropole. Ce dernier a collaboré étroitement avec le représentant du client, lui-même certifié GWO, durant toute la mission d'inspection. »
Une fois au sommet, le premier geste consiste à s’hydrater ! Ensuite, la mission de contrôle peut commencer. « 90 % de l’inspection obligatoire se déroule en hauteur, explique Benoît Rancher, référent métier éolien chez TotalEnergies. Il faut vérifier les installations électriques, contrôler l’état de la ligne de vie qui sécurise les équipes, contrôler les palans qui servent à hisser du matériel d’intervention en haut du mât et contrôler les accumulateurs sous pression. En clair, ce sont tous les équipements du mât et son intégrité qui sont passés au peigne fin. » Toutes ces opérations demandent aussi de la souplesse pour se déplacer dans un espace réduit. Quant à la dernière phase, qui consiste à monter sur le toit de l’éolienne, elle dévoile une vue unique sur le lagon calédonien, aux eaux turquoise.
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3 inspections quotidiennes
De retour au sol, une nouvelle inspection d’éolienne peut démarrer. Mais entre l’exigence physique nécessaire, le temps de contrôle, la complexité du terrain très vallonné et la distance depuis Nouméa, seuls 3 contrôles par jour sont possibles. « Difficulté supplémentaire, la mission s’est déroulée dans un contexte très tendu sur l’île en raison des troubles qui ont affecté la Nouvelle-Calédonie, rappelle Benoît Rancher. Mais en plus de son expertise, Bureau Veritas a su dépêcher en peu de temps un expert sur place, à 15 000 km de Paris et 27h de vol, pour mener à bien cette mission pendant près de 2 semaines. Une réactivité précieuse, et dans le respect du temps de travail. »
Les rapports d’inspection ont ensuite permis à TotalEnergies de mener les travaux de maintenance nécessaires. De quoi poursuivre l’exploitation des éoliennes, qui fournissent en électricité l’équivalent de 20 000 foyers calédoniens. Un pilier de l’autonomie énergétique de ce territoire d’outre-mer !