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Agrivoltaïsme : un champs en bord de mer avec des panneaux photovoltaiques

Agrivoltaïsme : les clés pour réussir son projet

24 mar. 2025 - 2 min

Source de revenus complémentaires pour les agriculteurs, les installations agrivoltaïques vont se multiplier sur le territoire. Mais pour transformer ce type de projet en succès, il faut d’abord s’y retrouver dans les méandres de la réglementation... Pour cela, les équipes de Bureau Veritas proposent un accompagnement complet. Explications.

Des parcelles agricoles recouvertes partiellement de panneaux solaires, suspendus à des câbles au-dessus des cultures. Et si ce nouveau paysage façonnait les campagnes dans les prochaines années ? L’agrivoltaïsme, qui combine production énergétique et production agricole, séduit en effet de plus en plus d’exploitants.

Ces installations prennent différentes formes :

  • Ombrières fixes ou orientables au-dessus des cultures ;
  • Serres recouvertes de panneaux photovoltaïques ;
  • Centrales solaires dans des zones de pâturages pour les animaux d’élevage.

Atout majeur : en utilisant une partie de l’énergie produite sur l’exploitation agricole et en injectant le surplus sur le réseau, les agriculteurs réduisent leurs factures d’électricité et génèrent des revenus complémentaires. « Les exploitations sont sécurisées financièrement, souligne Emmanuel Audoin, responsable de projets chez Bureau Veritas Living Resources. Certaines peuvent même recruter grâce à ces recettes complémentaires. »

Mais ce ne sont pas les seuls bénéfices. L’agrivoltaïsme constitue aussi une solution d’adaptation au changement climatique. Ces panneaux protègent les cultures des aléas météo et créent des zones d’abri pour les ovins ou les bovins, ce qui améliore le bien-être animal. « Des atouts face à la multiplication attendue des épisodes climatiques extrêmes, comme les canicules », détaille Emmanuel Audoin.

Quelles obligations faut-il respecter ?

Avant d’installer des panneaux sur son exploitation, attention à la réglementation ! Les récents textes qui encadrent cette pratique imposent des conditions très strictes à respecter :

  • L’agriculture doit rester l'activité principale de la parcelle : « Le taux de couverture maximum d’une surface agricole par les panneaux solaires ne doit pas dépasser 40 %, afin de préserver la photosynthèse, pour des projets inférieurs à 10 MWc », souligne Emmanuel Audoin. Un tel projet nécessite aussi des aménagements (piliers pour soutenir les panneaux, voies d’accès…) qui ne doivent pas occuper plus de 10 % de la parcelle concernée.
  • L’activité agricole doit rester significative : la perte de rendement agricole engendrée par l’installation ne doit pas dépasser 10 %. Ce chiffre se mesure en comparant les rendements sur la parcelle accueillant les panneaux agrivoltaïques et une zone témoin équivalente, dépourvue de panneaux.
  • L’agriculture doit générer un revenu durable
  • L’installation agrivoltaïque doit être réversible : si nécessaire, la parcelle doit pouvoir retrouver un usage exclusivement agricole.

Autrement dit, ces règles visent à préserver l’agriculture, et à ne pas transformer l’agriculteur en producteur exclusif d’énergie !

Ces projets nécessitent aussi un agrément préfectoral, délivré par la Commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF), qui se fonde sur une étude préalable agricole (EPA) ainsi qu’un dossier agricole justifiant les conditions citées ci-dessus.

Autre point réglementaire : Obtenir une attestation de conformité, obligatoire avant de raccorder l’installation au réseau électrique. « Sans elle, impossible de revendre l’énergie et de profiter de revenus supplémentaires. Cette étape doit donc s’anticiper dès la conception », conseille Pierre-Baptiste Basillais, manager opérationnel chez Bureau Veritas.

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Des framboises sous ombrières

Des critères respectés sur l’exploitation fruitière de Brumath, en Alsace, devenant ainsi la première installation agrivoltaïque de la région lors de sa mise en service en mars 2024.

Le projet porté par l’entreprise BayWa r.e. consistait à placer des panneaux photovoltaïques semi-transparents sur des cultures de framboises. « La structure devait répondre à un cahier des charges précis : permettre aux fruits de pousser normalement et ne pas entraver la circulation de l’agriculteur », explique Louis de Welle, ingénieur construction solaire photovoltaïque chez BayWa r.e. France.

Des critères scrutés par Bureau Veritas, notamment sur les volets contrôle technique et QHSE (qualité, hygiène, sécurité et la protection de l'environnement). « C’est un autre sujet important car, sur les projets agrivoltaïques, les panneaux sont installés plus hauts que dans les parcs solaires classiques, avec des enjeux liés à la sécurité des ouvriers », souligne Louis de Welle.

Une relation de travail fluide et basée sur la confiance. « La collaboration se poursuit : de nombreux projets agrivoltaïques sont en cours de développement et nécessitent l’intervention des équipes Bureau Veritas », se réjouit Louis de Welle.

 

Anticiper et communiquer

Mêlant agriculture, construction et contrôle réglementaire, les projets agrivoltaïques sont complexes à mener. Le risque ? Se perdre dans des considérations réglementaires et techniques. Faire appel aux équipes de Bureau Veritas aide à anticiper les étapes critiques, à assurer un suivi rigoureux et à désamorcer un autre obstacle potentiel : les réticences de certains riverains.

Car si ces projets sont plébiscités par de nombreux agriculteurs, des oppositions peuvent apparaître localement… « Les détracteurs de l’agrivoltaïsme pointent un risque d’atteinte à la capacité de produire notre alimentation », observe Emmanuel Audoin. Face à ces préoccupations, l’accompagnement par les experts Bureau Veritas fournit un gage de transparence et de dialogue. Et une assurance de succès pour le projet.
 

Comment Bureau Veritas accompagne ces projets

  • En phase de conception / construction : « Les équipes de Bureau Veritas Construction proposent un accompagnement à toutes les étapes, de la conception à la livraison des travaux », souligne Jean-Pierre Bosc, responsable commercial ENR chez Bureau Veritas Construction. Le périmètre d’action comprend le contrôle technique, l’analyse de risque, la vérification électrique ou encore les mesures obligatoires de coordination de sécurité et de protection de la santé (CSPS).  Les équipes Bureau Veritas Living Resources peuvent également rédiger l’Etude Préalable Agricole (EPA).
  • Après la mise en service : les équipes de Bureau Veritas sont formées au suivi périodique réglementaire sur les installations agrivoltaïques. Elles calculent par exemple les pertes de rendement agricole par rapport à une parcelle témoin, pour garantir le respect des critères réglementaires. « Un suivi indispensable pour éviter la suspension de l’autorisation préfectorale », appuie Emmanuel Audoin. Un suivi annuel en production par un prestataire indépendant de l’exploitant est requis par la réglementation.

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