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Vivescia

Les exploitations agricoles soignent leur empreinte carbone

26 fév. 2025

Dans les exploitations agricoles, certaines bonnes pratiques réduisent aussi les émissions de GES (gaz à effet de serre). La coopérative céréalière Vivescia accompagne ses adhérents sur la voie de la décarbonation, à travers des actions très concrètes menées dans les champs. Bureau Veritas Living Resources conseille et accompagne la mise en place de méthodologies et de calculs aussi fiables que robustes. Découverte.

Quand les obligations réglementaires des multinationales entraînent de nouveaux usages dans les champs ! Exemple dans le secteur de la brasserie : dans le cadre de la stratégie neutralité carbone de l’Union européenne, de nombreux géants de la bière doivent réduire leurs émissions de CO2. Cette obligation implique un travail sur leur chaîne de sous-traitance et de fournitures… qui débute en pleine campagne ! Le malt, indispensable aux brasseurs provient en effet des plantations de céréales – à commencer par l’orge. En clair, les industriels demandent aux agriculteurs de limiter eux aussi leurs rejets de gaz à effet de serre.

Un sujet dont s’est emparé Vivescia, groupe coopératif spécialiste des céréales, qui rassemble plus de 10 000 agriculteurs du Nord-Est de la France, principalement dans les bassins de Reims, Troyes et Châlons-en-Champagne. « Les industriels nous sollicitent de plus en plus fréquemment pour que nous leur fournissions du grain « bas carbone », raconte Thomas Cornelis, responsable du programme agriculture régénérative de Vivescia. C’est l’une des raisons pour laquelle nous avons lancé notre programme « Transitions. »

Une boîte à outils pour les agriculteurs

Pour planter les graines de la décarbonation, le programme « Transitions » de Vivescia propose d’abord aux exploitants volontaires de mener un état des lieux de leur exploitation. Le principe : mesurer, poste par poste, les émissions de CO2. Par exemple, le nombre de labours et de passages en tracteurs dans les champs entraîne une consommation de carburant à quantifier. Ensuite, « Transitions » suggère un ensemble de mesures à conduire pour réduire leur impact, autour de 3 piliers :

  • « Bas carbone », avec les actions pour réduire les émissions de GES ;
  • « Santé et résilience des sols », avec entre autres des engrais organiques, une diversité dans les rotations et un travail sur les couverts végétaux ;
  • « Biodiversité », avec des actions pour tendre vers les certifications CE2, CE2+ et HVE.
Thomas Cornelis

Responsable du programme agriculture régénérative

Vivescia

Il n’existe pas de solution uniforme, précise Thomas Cornelis. En fonction de la nature des sols, des spécificités du climat ou encore des plantations, chaque exploitation est différente. L’agriculteur reste donc libre d’activer les mesures qu’il souhaite, en s’appuyant sur son expérience. L’un des principes qui guide le programme est aussi de préserver les rendements – et donc les revenus de l’exploitant.

 

Des données de terrain cruciales

Régulièrement, les agriculteurs doivent saisir des données dans le logiciel mis à leur disposition par Vivescia : fertilisation, travail du sol, devenir des résidus de culture… Ensuite, des traitements informatiques de ces datas permettent d’en tirer des indicateurs qui calculent, évaluent, par exemple, les quantités de GES émises. Le suivi annuel permet de voir l’évolution de ces émissions et l’impact des leviers mis en place. Les informations sont transmises aux exploitants, et des rapports sont élaborés à destination des clients.

« Tout l’enjeu consiste à s’assurer de la fiabilité de la data et des traitements appliqués, souligne Thomas Cornelis. C’est la mission que nous avons confiée à Bureau Veritas Living Resources. » Avec ses équipes, Solène Quero, consultante bas carbone de Bureau Veritas, a donc aidé Vivescia à élaborer des processus, tant au moment de la saisie – pour s’assurer de la véracité des informations enregistrées – qu’au moment des traitements. En tiers de confiance indépendant, Bureau Veritas Living Resources s’est totalement immergé dans le protocole pour challenger, étape par étape, sa robustesse et son sérieux.

« Il s’agit d’une revue critique du modèle pour comprendre son élaboration, l’améliorer et associer à chaque phase des critères auditables dans une grille, en vue d’une future certification, explique Solène Quero. L’un des principes consiste à rassembler tous les éléments de preuve, c’est-à-dire les documents qui justifient du respect de chaque étape, comme le nombre d’agriculteurs qui ont suivi des formations, et avec quels contenus. C’est essentiel à la traçabilité. Nous avons mené de multiples tests pour nous assurer qu’il n’y avait ni perte de données, ni calcul erroné, pour ainsi créer la confiance autour de cette méthode. »

Généraliser l’approche

Parmi les points d’attention : s’attacher à ce que le modèle soit reproductible, c’est-à-dire applicable à toutes les exploitations. À terme, c’est ce qui permettra à la coopérative d’affirmer que ses céréales ont généré X % de CO2 en moins, un véritable argument concurrentiel, notamment auprès des grands donneurs d’ordre. « La robustesse des contrôles s’inscrit dans les standards de comptabilité carbone, comme le GHG Protocol ou l’ISO 14 064. L’intervention de Bureau Veritas Living Resources permet de structurer le programme et ses processus, afin de le rendre auditable et de vérifier la mise en œuvre d’actions concrètes par VIVESCIA et les agriculteurs engagés. » conclut Thomas Cornelis.

Au moment de son lancement il y a plus d’un an, « Transitions » comptait 200 agriculteurs volontaires. Ils sont plus de 420 aujourd’hui et Vivescia vise les 1 000 d’ici 2026, pour un total de 100 000 ha concernés. L’ambition affichée ? Réduire de 20 % les émissions des agriculteurs engagés dans le programme d’ici 2030.

 

Chiffres clefs | Vivescia en bref

10 000 agriculteurs
5 %du blé français
25 %des orges brassicoles français
80 % de valorisation des céréales sur leur territoire
3,3 millionsde tonnes de grains par an

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