Déforestation zéro : Jardiland et Gamm vert s'engagent avec Bureau Veritas pour une transition réussie vers l'EUDR
Le Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts (EUDR) entrera en application le 1er janvier 2026, après un report pour permettre aux entreprises concernées de s’adapter. Il faut dire que la marche à franchir est particulièrement haute ! Bureau Veritas propose un accompagnement sur mesure pour se mettre en conformité. Exemple avec le groupe TERACT, connu pour ses enseignes Jardiland et Gamm vert.
Quel est le point commun entre le charbon pour le barbecue, un arbre à chat et une table de jardin en bois ? Pour TERACT, la réponse tient en 4 lettres : EUDR. Filiale distribution Grand Public du Groupe InVivo, TERACT regroupe notamment deux enseignes très appréciées des Français, Jardiland et Gamm vert. Et dans leurs rayons, ces magasins comptent des centaines de références concernées par l’EUDR… dont ces incontournables des jardineries ! En effet, plusieurs matériaux qui les composent sont dans le “viseur” du règlement européen contre la déforestation.
Pour lutter contre la déforestation les entreprises doivent analyser la provenance de leurs matières premières importées et leurs conditions de production, l’EUDR cible les produits à base de :
- bois ;
- soja ;
- cacao et chocolat ;
- caoutchouc ;
- café ;
- huile de palme ;
- bovins.
Leurs dérivés, comme le cuir, le mobilier en bois, le papier, sont également concernés par la réglementation.
Questionner ses fournisseurs
Concrètement, avec l’EUDR, les entreprises doivent prouver que les matières qui composent leurs produits n’ont pas contribué à la déforestation. Le bois par exemple doit être issu de forêts correctement gérées. « Ne pas se mettre en conformité, c’est courir le risque d’amendes significatives … jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires, alerte Emmanuel Audoin, Responsable de projets pour Bureau Veritas Living Resources. Et le compte à rebours a commencé, puisque l’entrée en application est désormais prévue pour le 1er janvier 2026. »
Première étape pour les entreprises concernées : comprendre les implications du règlement. « Il s’agit d’un texte très lourd, aux nombreuses ramifications, constate Mathilde Pluquet, directrice qualité et réglementation de TERACT. Il faut donc tout d’abord bien saisir les tenants et les aboutissants, ainsi que les conséquences pour nos produits. Concrètement, nous devons mener un important travail auprès de nos fournisseurs, notamment en Asie, pour analyser leur niveau de compréhension du règlement et leur capacité à y répondre. En effet, l’exercice approfondi de traçabilité ne peut se faire sans eux ! Les équipes de Bureau Veritas ont su rendre ce travail de compréhension pédagogique, en l’appliquant à nos enjeux pour rendre le sujet plus clair et plus rapide à mettre en œuvre. »
Responsable de projets pour
Bureau Veritas Living Resources
Le fournisseur doit indiquer des informations très précises, comme les coordonnées GPS de la parcelle d’où provient le bois utilisé ! En cas de doute, Bureau Veritas sera en mesure, dans un second temps, de mener des audits sur place pour confirmer la véracité des affirmations et s’assurer que le bois utilisé par exemple pour une table provient bien de la parcelle mentionnée, et qu'elle est correctement gérée.
Coordonnées GPS des parcelles d’origine
Après ce travail préalable, vient le moment de se lancer dans le recueil des informations. Pour cela, Bureau Veritas aide à élaborer un questionnaire pour expliquer la démarche, cibler les éléments à collecter et préparer les questions à poser aux fournisseurs. Mais aussi commencer à évaluer la qualité des réponses obtenues ! « Cela constitue la principale difficulté rencontrée, estime Mathilde Pluquet. Récupérer les informations et assurer un premier traitement des données récoltées reste une phase sensible. Par exemple, les factures d’achats sont rédigées dans la langue du pays, ce qui exige un travail de traduction »
« Le fournisseur doit indiquer des informations très précises, ajoute Emmanuel Audoin. Comme les coordonnées GPS de la parcelle d’où provient le bois utilisé ! En cas de doute, Bureau Veritas sera en mesure, dans un second temps, de mener des audits sur place pour confirmer la véracité des affirmations et s’assurer que le bois utilisé par exemple pour une table provient bien de la parcelle mentionnée, et qu'elle est correctement gérée. »
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Une incitation forte
Une fois les informations obtenues et analysées, place à la priorisation des actions. C’est un travail global sur la chaîne de valeur qui s’engage. L’idée ? Conduire un fournisseur qui ne répondrait pas aux exigences à changer ses pratiques. Ce qui pourrait aussi amener, in fine, à se séparer de certains partenaires qui ne se mettraient pas en conformité…
L’une des difficultés réside dans la longueur de la chaîne de valeur, avec parfois de nombreux niveaux de sous-traitance qui peuvent compliquer les vérifications. C’est tout l’objectif du principe de due diligence qui figure dans la réglementation EUDR. « La diligence raisonnée consiste à mettre en place des mesures pour sourcer les données, analyser les risques (par produits, par pays…) et prioriser des dispositifs pour maîtriser ce risque, explique Emmanuel Audoin. L’entreprise doit être capable de prouver que ses produits ne proviennent pas de la déforestation. Une démarche de long terme, progressive, qui consiste à descendre peu à peu en granularité pour mieux cerner sa chaîne de valeur. »
Collections aux couleurs de l’EUDR
Ainsi, c’est effectivement toute la chaîne de valeur qui sera rebâtie. Précurseur en la matière, l’UE lance un chantier indispensable, tant la déforestation affecte la biodiversité et réduit la captation de carbone. L’attention se focalise sur trois zones sensibles : l’Amazonie, le bassin du Congo et l’Asie du sud-est, régions particulièrement frappées par la déforestation. « Le temps presse, pour la planète comme pour les entreprises qui doivent se lancer dans la démarche avant le 1er janvier prochain, rappelle Emmanuel Audoin. La démarche n’est pas anodine et ne s’improvise pas, il faut anticiper ! »
TERACT de son côté se met en ordre de bataille. Le groupe conçoit actuellement les collections qui seront à découvrir en magasin au printemps 2026. « Il s’agira des premiers produits commercialisés en intégrant l’EUDR, se félicite Mathilde Pluquet. Ce règlement nous pousse à améliorer nos pratiques, de façon active et progressive, avec un réel engagement des équipes en interne ».