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Réglementation EUDR : les entreprises dans la dernière ligne droite pour se mettre en conformité (en couverture, la question de la déforestation).

Réglementation EUDR : les entreprises dans la dernière ligne droite pour se mettre en conformité

10 avr. 2026 - 2 min

Destinée à lutter contre la déforestation, la réglementation européenne EUDR (European Union Deforestation Regulation) entrera finalement en vigueur fin 2026. Un nouveau répit pour les entreprises concernées mais le calendrier reste serré. Car la mise en conformité est complexe et peut prendre plusieurs mois... Pour les aider à anticiper, Bureau Veritas leur propose un accompagnement opérationnel afin de structurer leur démarche et de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement.

6,4 millions d’hectares de forêt perdus dans le monde en 2024. Si le phénomène recule dans certaines zones comme en Amazonie, où la déforestation a baissé de 11 % entre 2024 et 2025, la trajectoire globale reste alarmante. Moins de forêts, c’est plus de CO2 dans l’atmosphère, donc une accélération du réchauffement climatique et des pertes graves pour la biodiversité.

Face à cette urgence, l’Union européenne a adopté en 2023 la réglementation EUDR. Objectif : interdire totalement l’importation et l’exportation de produits issus de Zones déforestées ou dont le couvert forestier serait dégradé. Le texte couvre un large éventail de produits, issus de sept matières premières (bois, soja, café, cacao, huile de palme, caoutchouc, bovins), notamment des filières du bois et du papier, mais aussi de certaines chaînes agroalimentaires.

De lourdes amendes en cas de non-respect de l’EUDR

Un cadre réglementaire extrêmement ambitieux, dont l’application a toutefois été reportée à deux reprises : il doit désormais entrer officiellement en vigueur en décembre 2026. « Ce nouveau délai a évité une catastrophe à de nombreuses entreprises qui n’avaient pas pris les mesures pour se mettre en conformité à temps », explique Emmanuel Audoin, responsable de projets chez Bureau Veritas Living Resources.

Cependant, ce sursis ne doit pas être interprété comme une invitation à temporiser. « Il reste seulement huit mois aux acteurs concernés pour se préparer, et la pression va augmenter tout au long de l’année », avertit Emmanuel Audoin. Il est donc nécessaire d’enclencher dès maintenant le travail nécessaire.

Les entreprises qui ne se mettent pas en conformité s’exposent à des amendes pouvant atteindre 4 % de leur chiffre d’affaires. « Elles courent aussi le risque de ne plus être autorisées à vendre leurs produits sur le marché », ajoute Emmanuel Audoin.

Pour aller plus loin :

Qu’est-ce que la due diligence dans le cadre de l’EUDR ?

Pour beaucoup d’entreprises, un chantier significatif s’ouvre pour se mettre en conformité, avec une clé de voûte dans cette réglementation : la déclaration de diligence raisonnée. Elle impose à chaque entreprise un examen approfondi de sa chaîne de valeur en plusieurs étapes :

  • le diagnostic initial : l’entreprise recense dans son catalogue tous les produits concernés par l’EUDR, identifie les fournisseurs impliqués et cartographie les pays d’origine des matières premières ;
  • l’analyse de risque : l’entreprise collecte auprès de ses fournisseurs des informations détaillées sur l’origine des produits concernés. Certaines essences de bois ou de cultures sont en effet plus exposées au risque de déforestation. Les pays d’origine sont également classés selon trois niveaux de risque : faible, standard ou élevé ;
  • la limitation du risque : il s’agit par exemple de demander des informations complémentaires au fournisseur, de faire un audit sur place ou encore de changer de fournisseur si celui-ci n’est pas à même de répondre aux exigences réglementaires en toute transparence.

Au terme du processus, l’entreprise obtient un numéro de Diligence Raisonnée (DDS ou DDR) qui signifie qu’elle respecte la réglementation, et lui permettra de dédouaner ses marchandises à l’import et de le prouver à ses propres clients

Un travail important de mise en conformité : « Les filières dont il est question sont souvent tentaculaires : bois récolté en Afrique, puis transformé en Chine avant d’être exporté ensuite vers l’Europe. Dans certains cas, il y a jusqu’à six ou sept intermédiaires », explique Emmanuel Audoin.

Un accompagnement global pour l’EUDR

Face à cette tâche d’ampleur, Bureau Veritas aide les organisations à maîtriser durablement le sujet. « Nos consultants sont des praticiens des filières d’approvisionnement, qui apportent un soutien opérationnel et technique », souligne Emmanuel Audoin.

Concrètement, ils épaulent le client dans le diagnostic précis, aident à rédiger les questionnaires à transmettre aux partenaires, définissent les nouvelles procédures internes et forment les collaborateurs qui devront piloter le sujet au quotidien.

Le groupe Cargo, acteur majeur de la distribution et de l’importation d’équipements de la maison, a bénéficié de cet accompagnement. Implanté à Toulouse, il contrôle une dizaine de filiales impactées par la réglementation EUDR. Au total, il compte près de 250 fournisseurs impliqués, principalement en Chine, avec des matériaux qui proviennent d’Europe, d’Amérique du Sud ou d’Amérique du Nord. « Notre périmètre d’action est considérable, raconte Jérôme Billot, expert conformité pour le groupe Cargo. L’accompagnement nous a permis d’agir de manière méthodique et efficace ».

Pour répondre aux enjeux spécifiques du groupe, Bureau Veritas a même développé un module de formation en mandarin, destiné aux fournisseurs chinois de Cargo. Objectif : leur présenter concrètement les exigences EUDR afin de faciliter leur implication. « Sans cela, nous n’aurions pas pu les embarquer dans la démarche. C’était primordial » estime Jérôme Billot.

Anticiper l’EUDR

Le fait d’avoir lancé la mise en conformité assez tôt a également permis de procéder aux ajustements nécessaires. Dès le départ, Cargo a fait le choix d’exclure les pays classés à risque « élevé » de ses filières. Et lorsqu’elles étaient concernées, leurs autres sources d’approvisionnement ont été redirigées de pays à risque « standard » vers des pays à risque « faible ». « Nous n’aurions pas pu y parvenir si nous avions attendu la dernière minute, souligne Jérôme Billot. Anticiper, c’est vital pour ne pas subir de rupture dans la chaîne de valeur. »

« Malgré le nouveau report d’un an, le temps presse ! renchérit Emmanuel Audoin. Le travail de mise en conformité est long, il peut réserver des surprises, et l’organisation interne qui en résulte doit aussi être rodée et ajustée car de nombreuses fonctions sont à embarquer dans les entreprises ».

Un chantier conséquent mais surtout un investissement nécessaire pour l’avenir : « C’est impressionnant au départ, conclut Jérôme Billot, mais il ne faut pas avoir peur de se lancer. Au terme de ces six mois d’accompagnement, nos fournisseurs sont sensibilisés, nos équipes en interne formées, et nous sommes complètement autonomes pour traiter le sujet par nous-mêmes ». Une entreprise en ordre de marche pour aborder sereinement l’entrée en vigueur de l’EUDR.

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