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des baigneurs en contre-jour dans un lac

Qualité des eaux de baignade : comment Bureau Veritas certifie vos plages

23 juil. 2024 - 2 min

Prélèvements bactériologiques, profils de pollution, information des usagers… Derrière chaque pavillon indiquant une eau de bonne qualité se cache un dispositif de surveillance rigoureux. Depuis 2009, la certification « Système de gestion de la qualité des eaux de baignade » impose aux communes un cadre d'amélioration continue. Bureau Veritas Certification fait partie des organismes de référence pour mener les audits.

Antibes, son célèbre cap, ses paysages à couper le souffle de la Baie des Anges au Golfe-Juan… Chaque été, la station balnéaire de la côte d’Azur voit sa population tripler avec un afflux massif de touristes, pressés de se rafraîchir dans l’un des 23 sites de baignade situés sur le territoire de la commune.

Mais comment assurer à ces vacanciers une eau de bonne qualité ? « La surveillance des sites de baignade a toujours constitué un enjeu touristique majeur pour notre ville, explique Jérôme Pizzol, responsable du service environnement, gestion et qualité des milieux d’Antibes Juan-les-Pins. La commune s’est très tôt investie dans cette démarche de qualité avec le label Pavillon Bleu dans un premier temps, puis dans le cadre de la certification « Système de gestion de la qualité des eaux de baignade »”.

Un système pour ne pas naviguer à vue

Transposition française de la directive européenne 2006/7/CE, ce référentiel créé en 2009 notamment par le ministère de la Santé repose sur les principes d’un système de management de l’environnement, type ISO 14001. Des équipes de Bureau Veritas Certification ont d’ailleurs participé à sa rédaction, aux côtés de représentants des collectivités locales et des ministères.

« Contrairement au label Pavillon Bleu qui impose un contrôle des eaux à un instant T, ce référentiel s’inscrit dans une logique dynamique et repose sur la notion d’amélioration continue », explique Violaine Damgé, cheffe de projet et responsable d’audit chez Bureau Veritas Certification.

Pour obtenir la certification, les responsables d’eaux de baignade doivent respecter principalement quatre grands principes :

  • La prévention : elle repose sur l’élaboration du profil d’eau de baignade, c'est-à-dire le listing des sources de pollution présentes autour du site et susceptibles d’impacter la qualité des eaux. Par exemple : la proximité d’une usine ou d’une station d’épuration ;
  • La surveillance : des prélèvements sont effectués tout au long de la saison balnéaire du site (en général du 1er juin au 30 septembre). Les prélèvements et analyses réglementaires sont réalisés par les Agences régionales de santé (ARS), qui classent ensuite la qualité des eaux de baignade selon ce barème : excellente, bonne, suffisante, insuffisante. En complément, des prélèvements d’auto-contrôle peuvent être conduits par la collectivité ou le responsable privé de l’eau de baignade. Ces derniers ne sont pas obligatoires mais il s’agit d’un atout dans un tel système, avec des modalités qui diffèrent selon les caractéristiques propres à chaque site. Les bactéries les plus recherchées sont l’escherichia coli et les entérocoques intestinaux, témoins d’une potentielle contamination organique ;
  • La gestion de crise : le responsable de l’eau de baignade doit disposer d’une procédure opérationnelle adaptée en cas de pollution. « Il peut s’agir d’un orage qui charrie des eaux lessivées et pollue temporairement le site de baignade, ce qui nécessite par exemple une fermeture temporaire », détaille Violaine Damgé ;
  • L’information : la collectivité ou la personne privée en charge du site est tenue d’informer le public sur la qualité sanitaire des eaux.

« Lors du processus de labellisation, c’est l’ensemble du système et son efficacité qui sont audités », insiste Violaine Damgé. Si toutes les exigences du référentiel sont respectées, Bureau Veritas Certification délivre une certification pour une durée de 3 ans, avec des audits de suivi chaque année. « Pour prétendre à la certification, au moins 50 % des sites de baignade de la commune doivent être classés en qualité “excellente” ou “bonne” ».    

Pour aller plus loin :

Comment Antibes se maintient à flot

Dans la deuxième ville des Alpes-Maritimes, ce système de surveillance et d’amélioration continue a permis de relever les défis survenus ces dernières années : « À partir de 2017, nous avons vu nos résultats se dégrader », se souvient Jérôme Pizzol. Avec le tourisme de masse, les « méga yachts » qui mouillent au large ou encore l’augmentation des températures due au réchauffement climatique, la ville concentre plusieurs facteurs qui peuvent altérer la qualité de ses eaux…

« En conformité avec les exigences du référentiel de 2009, nous avons réagi en lançant un plan de mesures avec un objectif : zéro rejet dans le milieu marin ». Parmi les actions menées : la mise en place d’un système de désinfection des rejets en mer des stations d’épuration, la suppression des interconnections de réseaux d‘assainissement et des eaux pluviales, la réhabilitation des réseaux collectifs d’assainissement, … Résultat : les voyants sont repassés au vert en 2023 avec 94 % d’eau de bonne qualité, contre 67 % l’année précédente.

En plus des prélèvements réglementaires menés chaque semaine par l’ARS, la ville a développé un système d’auto-contrôle abouti, et dispose même de son propre laboratoire. « Cela permet d’effectuer environ 1 500 analyses rapides chaque été, selon des méthodes enzymatiques qui donnent un résultat en 18h contre 48h pour les méthodes classiques, détaille Jérôme Pizzol. C’est un gain de temps considérable afin de réagir rapidement en cas d’incident ».

La station balnéaire entame en 2024 sa 15e année de certification « Système de gestion de la qualité des eaux de baignade » et vient de démarrer un nouveau cycle d’audit avec son partenaire Bureau Veritas Certification. Cet été encore, les touristes pourront se baigner en toute sérénité dans les petites criques du cap d’Antibes.

En chiffres : la qualité des eaux de baignade françaises en 2024

  • 3 365 sites de baignade recensés (1 286 en eau douce et 2 079 en eau de mer)
  • 34 000 échantillons prélevés par les Agences régionales de santé (ARS)
  • 90,5 % des sites de baignade ayant fait l'objet d'un contrôle sanitaire sont classés d'excellente ou de bonne qualité

(Source : Direction générale de la santé, 2025)

  • FAQ – Vos questions sur la qualité des eaux de baignade

    Comment sait-on si une plage est sûre pour se baigner ?

    La qualité des eaux de baignade est surveillée tout au long de la saison balnéaire par les Agences régionales de santé (ARS), qui effectuent des prélèvements réguliers. Les eaux sont ensuite classées selon quatre niveaux : excellente, bonne, suffisante ou insuffisante. Ces résultats sont rendus publics et les communes sont tenues d'en informer les usagers sur site.

    Qu'est-ce que la certification « Système de gestion de la qualité des eaux de baignade » ?

    Créé en 2009, ce référentiel français impose aux communes un cadre d'amélioration continue autour de quatre piliers : la prévention (identification des sources de pollution potentielles), la surveillance (prélèvements et analyses tout au long de la saison), la gestion de crise (procédures en cas de pollution soudaine, comme une fermeture temporaire après un orage) et l'information du public. Pour y prétendre, au moins 50 % des sites de baignade de la commune doivent être classés en qualité excellente ou bonne.

    Quel est le rôle de Bureau Veritas dans la certification des eaux de baignade ?

    Bureau Veritas Certification est l'un des organismes de référence habilités à mener les audits dans le cadre de ce dispositif. Les auditeurs vérifient l'ensemble du système mis en place par la commune : profil de pollution, protocoles de surveillance, procédures de crise, dispositifs d'information du public. Si toutes les exigences sont respectées, Bureau Veritas Certification délivre une certification valable trois ans, avec un audit de suivi annuel.

    Comment une commune peut-elle améliorer la qualité de ses eaux de baignade ?

    L'amélioration passe avant tout par une identification précise des sources de pollution : rejets des stations d'épuration, interconnexions entre réseaux d'assainissement et eaux pluviales, mouillages, ruissellement agricole. Une fois le diagnostic établi, la commune peut engager des travaux ciblés et mettre en place un dispositif d'auto-contrôle pour obtenir des résultats d'analyse rapides. La certification encourage précisément cette logique d'amélioration continue.

La Certification Gestion de la Qualité des Eaux de Baignade

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