Bruit, vibrations, pollution, vers la maîtrise des impacts sur les chantiers de Monaco
À Monaco, ville-Etat à forte densité où les travaux sont omniprésents, la surveillance des chantiers est indispensable. Depuis plus de 10 ans, la Direction des Travaux Publics de la Principauté a choisi Bureau Veritas pour contrôler les nuisances générées. Dernière mission en date : la démolition et la reconstruction de l’immeuble « Le Bel-Air », qui a présenté de nombreux défis à relever. Explications.
Un chantier d’ampleur aux portes de Monaco. L’immeuble Le Bel-Air, ensemble emblématique de la Principauté construit en 1966, change totalement de visage. Trois nouveaux bâtiments vont sortir de terre, pour accueillir environ 200 appartements, des locaux tertiaires, une crèche, et un parking. Pour cela, l’immeuble actuel doit être déconstruit, puis le site terrassé, avant d’ériger les nouvelles constructions.
Ces travaux occasionnent inévitablement, et malgré les précautions des bâtisseurs, du bruit, des vibrations et une pollution de l’air. Autant de nuisances à contenir et à surveiller ! « C’est notre mission prioritaire, explique Patrice Arnoult, ingénieur responsable de l'activité Monitoring chez Bureau Veritas. S’assurer tout au long du chantier du respect de la réglementation mais aussi garantir un impact limité dans le voisinage ».
Le chantier est d’autant plus sensible qu’il se situe à proximité directe du centre hospitalier Princesse Grace. Les équipes ont donc géré un dispositif de surveillance sans précédent pour assurer un monitoring à la hauteur des enjeux :
- 120 capteurs de qualité de l’air, pour contrôler la présence de poussières issues du chantier ;
- 15 capteurs de bruit et 20 capteurs de vibrations, pour garantir un suivi précis des impacts des travaux ;
- une astreinte de surveillance pendant toute la phase de démolition et de terrassement , avec une équipe dédiée présente en permanence sur le site, pendant un an.
ingénieur responsable de l'activité Monitoring
chez Bureau Veritas
Si le chantier nécessite une modification des seuils ou d’autres réglages, nous pouvons procéder nous-même, sans passer par le fournisseur du matériel.
Une interface sur-mesure
Grâce aux multiples capteurs, les équipes Bureau Veritas alertent immédiatement en cas de dépassement des seuils de bruit, de vibration ou de pollution. Monaco autorise par exemple un seuil maximal de bruit sur un chantier de 85 dB. Si ce seuil est dépassé, le client est aussitôt averti.
Un suivi rigoureux rendu possible par « BV Monitoring », plateforme dédiée au monitoring et développée en interne par Bureau Veritas. « Cette solution a été créée pour pallier les limites des outils existants, qui ne répondaient pas aux exigences de réactivité et de personnalisation demandées par les clients », souligne Patrice Arnoult.
Concrètement, les données récoltées par les capteurs sont directement transmises sur une plateforme en ligne, pour une gestion directe sans intermédiaire. « Si le chantier nécessite une modification des seuils ou d’autres réglages, nous pouvons procéder nous-même, sans passer par le fournisseur du matériel », détaille Patrice Arnoult.
De la même manière, des fonctionnalités « à la carte » peuvent s’ajouter. « Dans le cas de ce chantier, nous avons intégré à la plateforme des données de prélèvements bactériologiques dans l’air et une boussole acoustique, pour distinguer les nuisances du chantier Bel Air de celles du nouvel hôpital en construction à proximité immédiate ».
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Un accompagnement pour réduire les nuisances
« Avec cet outil dédié adapté à nos problématiques et le suivi en temps réel, Bureau Veritas apporte une valeur ajoutée incontestable au déroulement de l’opération, affirme Fabien Boudoire, conducteur d’Opération à la Direction des Travaux Publics de Monaco.
Car l’expertise ne se limite pas au monitoring. Les équipes ont ainsi conseillé le client dans la mise en place de solutions pour réduire les nuisances, telles l’utilisation de machines et techniques moins bruyantes ou l’installation d’écrans anti-bruit gonflables pour limiter la propagation du son.
« Nous utilisons également la modélisation acoustique pour anticiper les nuisances, ajoute Patrice Arnoult. Grâce à notre outil informatique, nous sommes par exemple capables de prévoir le bruit engendré par les travaux dans le voisinage direct du chantier et de simuler les résultats potentiels de différentes solutions d’atténuation ».

Des pénalités potentiellement élevées
Bureau Veritas assure enfin la liaison avec la Direction des Travaux Publics de Monaco et les autorités locales, qui reçoivent chaque semaine un récapitulatif des alarmes et dépassements de seuils, ainsi que des recommandations. « Notre relation de travail est particulièrement fluide et efficace, souligne Fabien Boudoire. En cas d’alerte, les équipes interviennent rapidement pour analyser et mettre en place des mesures correctives si nécessaire ».
Au-delà des frontières de la Principauté, Bureau Veritas est convaincu que le monitoring professionnel des chantiers doit être généralisé. « Certaines entreprises pensent pouvoir surveiller elles-mêmes les nuisances, conclut Patrice Arnoult. Mais les outils grand public ne sont pas calibrés et étalonnés comme les nôtres ». Parmi les enjeux : la gestion des litiges. En cas de conflit, mieux vaut disposer de matériels, de résultats fiables et indiscutables ainsi que d’un historique précis des mesures réalisées ! Et ainsi échapper aux pénalités qui peuvent s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros en cas d'infraction.