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Un garagiste au travail, tablette en mains.

Garages et réparateurs auto : comment passer simplement le SERMI

18 mai. 2026 - 2 min

Le parc automobile s’informatise et s’expose à un nouveau risque : celui du piratage. Face au danger, le protocole SERMI impose aux garagistes d’obtenir une certification, délivrée par un tiers de confiance. Bureau Veritas accompagne les professionnels dans l’obtention de leur permis de réparer. 

Quand la réalité rattrape la fiction. Avec l’automatisation et l’informatisation progressive des véhicules, le scenario fait froid dans le dos : la prise en main à distance d’une voiture par une personne mal intentionnée, contre le gré de son conducteur ou de son propriétaire. Face au risque de piratage ou de vol avec une clef piratée, la Commission européenne a pris les devants avec la réglementation SERMI, d’application obligatoire depuis novembre 2024.

Concrètement, pour accéder aux paramètres sensibles d’un véhicule lors d’une réparation, le professionnel devra disposer d’un certificat numérique. Il devra le présenter pour se connecter à la voiture avec sa valise de diagnostic. Sans le précieux laisser-passer, impossible de procéder à la moindre manipulation ! « Les constructeurs accélèrent la prise en compte de la réglementation et insèrent les protocoles SERMI dans leurs nouveaux modèles, souligne Adrien Raphaël, responsable de la BU Conformité industrielle de Bureau Veritas Certification. Avec ces mesures, agir sur des éléments critiques comme les freins ou le volant devient impossible sans l’habilitation. »

Comment fonctionne la certification SERMI ?

La certification SERMI est remise par garage (il faut une certification par établissement) et par individu (chaque réparateur de l’établissement dispose de sa propre certification, rattachée directement à celle de son garage). « Concrètement, sans certification, il sera bientôt impossible d’exercer, quelle que soit la taille de son entreprise », explique Adrien Raphaël.

Les professionnels doivent donc se livrer à une opération transparence. Chaque personne à habiliter doit fournir un ensemble de documents, comme une pièce d’identité, un extrait de casier judiciaire, un justificatif de compétences, un contrat de travail… etc. « C’est un point sensible d’un point de vue administratif et RH, souligne Mathieu Catteau, responsable de projet chez Norauto. Ce réseau de réparation compte 420 magasins partout en France, avec l’objectif de disposer dans un premier temps d’au moins 2 personnes habilitées par centre. Nous devons collecter leurs données personnelles dans le respect du RGPD, les stocker sur un logiciel crypté puis les transmettre via une plateforme sécurisée à Bureau Veritas, qui a remporté l’appel d’offres pour nous accompagner sur ce projet structurant. »

Pour aller plus loin :

SERMI : des pièces justificatives à valider par un tiers

« Nous avons conçu un outil en ligne très simple d’utilisation, sur lequel il suffit de déposer les documents exigés, décrit Adrien Raphaël. Pour simplifier cette démarche souvent perçue comme lourde, Bureau Veritas s’appuie sur la plateforme FLUIDO, qui met à disposition un espace client dédié. Les garages peuvent ainsi piloter l’ensemble de leur certification SERMI : suivi des dossiers, dépôt sécurisé des justificatifs, gestion des habilitations individuelles et visibilité en temps réel sur l’avancement des demandes. Sous 48 h nous nous engageons à examiner la demande et à délivrer un avis. Cet avis est transmis à l’entreprise chargée par la Commission européenne de fournir les autorisations. Un certificat numérique est ensuite délivré. Il faut alors le scanner dans la “valise d’intervention” qui permet d’accéder aux paramètres du véhicule ».

Pour Norauto comme pour tous les garages, la certification SERMI implique aussi un travail de communication auprès des clients. Le dispositif reste encore confidentiel et les automobilistes ignorent si leur véhicule applique le protocole SERMI ou non. « Or, la certification exige que nous nous assurions que la voiture appartienne bien à la personne en face de nous, en vérifiant la cohérence entre l'identité du client et son véhicule, détaille Mathieu Catteau. Cette nouvelle procédure suscite la méfiance, crée des incompréhensions et génère des irritants, par exemple si le client doit repartir chez lui chercher sa carte d’identité. Il y a donc un important travail de sensibilisation à mener. »

Des contrôles inopinés pour vérifier l’application de la certification.

Garage indépendant ou chaîne, toutes les entreprises de réparation sont concernées. Une fois délivrée, la certification reste valable 5 ans, avec au moins un contrôle inopiné au cours de la période. Concrètement, un inspecteur de Bureau Veritas se rend sur place pour vérifier la bonne application de la procédure du contrôle d’identité, s’assurer que les QR codes sont bien utilisés de façon individuelle et non partagée, contrôler les registres pour déceler d’éventuelles incohérences…

« Le dispositif peut impressionner, mais une fois rodé tout reste relativement simple, rapide et fluide rassure Adrien Raphaël. Les garages n’ont pas d’autre choix que de se conformer pour poursuivre leur activité. Bureau Veritas dispose d’une méthodologie pour accompagner toutes les structures, quelle que soit leur taille ou leur localisation, dans leur mise en conformité. »

«Sans SERMI, impossible de travailler » 

Lilian Robert, PDG d’Orion-Net. 
Ce garage de Colmar intervient pour des réparations très spécialisées. 

Les techniciens disposent depuis 8 mois de la certification SERMI remise par Bureau Veritas. « Les documents officiels relatifs au SERMI peuvent effrayer : la première fois que nous les avons consultés, nous nous sommes demandé comment réussir à obtenir cette certification. Les équipes de Bureau Veritas ont su faire preuve d’écoute et de pédagogie pour nous expliquer les étapes indispensables, en s’adaptant à notre entreprise. Résultat : nos deux techniciens ont décroché sans difficulté le précieux sésame, dont l’attribution repose en grande partie sur des pièces administratives à fournir. Même si nous sommes une structure de petite taille, sans le SERMI, il nous serait tout simplement impossible de travailler. La réglementation concerne les systèmes anti-démarrage des véhicules, mais certains constructeurs font du zèle et empêchent la moindre intervention sur le véhicule, sauf à montrer patte blanche avec le SERMI. C’est donc une certification incontournable, d’autant que le champ d’application va s’étendre. Les garages indépendants ne doivent pas rater ce virage ! »

 

Vos questions sur la certification SERMI

Qu’est-ce que la certification SERMI ?

Le protocole SERMI protège les véhicules du risque de piratage. Seuls les garagistes certifiés SERMI peuvent intervenir sur l’électronique et les composants sensibles des voitures concernées.

Est-ce que la certification SERMI est obligatoire ?

Les constructeurs de voitures intègrent peu à peu les protocoles SERMI dans leurs modèles. Bientôt, il sera impossible d’exercer son activité sans cette certification, quelle que soit la taille de son garage.

Comment avoir la certification SERMI ?

Pour obtenir leur certification SERMI, les garages doivent se tourner vers un organisme habilité comme Bureau Veritas, fournir tous les documents administratifs exigés et réussir un audit inopiné.

Quand passer la certification SERMI ?

De plus en plus de voitures sont équipées du système de protection SERMI : les garages doivent donc se mettre en conformité sans attendre pour préserver leur activité.

Certification SERMI

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