Image
finance durable

Finance durable et finance verte : quand la preuve remplace la promesse 

9 fév. 2026 - 2 min

Sous l’effet des attentes sociétales et des réglementations qui se durcissent, le monde de la finance prend un tournant majeur. Les questions de durabilité influent de plus en plus les décisions d’investissement. Mais comment prouver ses engagements en la matière ? Lors du dernier salon Produrable, différentes équipes de Bureau Veritas ont apporté des éléments de réponses concrets avec des témoignages de clients partenaires. 

Rendement, performance, taux de croissance… la finance s’est longtemps présentée en chiffres. Mais l’époque bouleverse des pratiques bien établies ! « Nous vivons une transformation historique de la finance, qui s’oriente désormais vers l’impact, la responsabilité et la durabilité », constate Michella Abdallah Abou Jaoude, directrice de l’agence développement durable de Bureau Veritas Certification. « Ce n’est pas un effet de mode, mais un changement en profondeur, dicté à la fois par les réglementations européennes (taxonomie, SFDR, CSRD), par la pression sociétale et par la conviction que la performance future dépendra de la capacité à créer de la valeur durable. »

Mais pour que cette transformation tienne ses promesses, il faut qu’elle repose sur des preuves tangibles, des données vérifiées et des engagements mesurables. C’est précisément la mission que se donne Bureau Veritas. En tant que tiers de confiance, ses experts déploient des méthodologies et des vérifications opérationnelles au service d’une finance ancrée dans les enjeux contemporains.  

Bureau Veritas, un leader de la certification agréé Labellisateur Greenfin  

Créé par le ministère de la Transition Écologique en 2015, à l'occasion de la COP 21, le label Greenfin est le premier label d'État dédié à la finance verte. Son objectif est de mobiliser l'épargne des Français pour financer la transition énergétique et écologique.  
Ce label garantit aux investisseurs que les fonds labellisés sont résolument verts, transparents et durables. Un des atouts majeurs de ce label est son critère d'exclusion stricte qui interdit l'investissement dans des entreprises opérant dans les énergies fossiles.  

Image
Théophile Pasquier
Théophile
Pasquier

Chargé d’affaires private equity

Acer Finance

Même les acteurs les plus avancés ont besoin d’un regard extérieur. La finance durable ne consiste pas à dire qu’on est vert mais à prouver qu’on s’améliore.

 

De la vigne au portefeuille : l’impact en action

2 exemples concrets pour valoriser cette approche. Première illustration avec Acer Finance, une institution financière qui pilote plusieurs fonds d’investissements. Parmi eux, VitiREV Terradev qui soutient le développement économique et la transition agroécologique de plusieurs acteurs viticoles de la région Nouvelle-Aquitaine.

« Notre objectif est double : soutenir la croissance d’entreprises viticoles ambitieuses et les aider à améliorer concrètement leurs pratiques environnementales », résume Théophile Pasquier, chargé d’affaires private equity chez Acer Finance. Le fonds, classé article 9 de la réglementation SFDR – soit le plus haut niveau d’exigence pour les fonds à impact – investit par exemple dans des acteurs du vin et du cognac qui entendent conjuguer performance et durabilité. Pour cela, Acer Finance a fait appel à des experts capables de traduire 5 objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU en critères concrets et mesurables : consommation d’eau, intrants chimiques, biodiversité, bilan carbone… « Avec Bureau Veritas Living Resources, nous avons élaboré une grille sur mesure adaptée à la réalité du vignoble. L’idée n’était pas de cocher des cases, mais de permettre à chaque domaine de progresser à son rythme, du premier diagnostic jusqu’à l’audit de sortie. »

Une méthode appliquée auprès du Cognac Pasquet : l’audit mené auprès de cette entreprise familiale, pionnière du bio depuis les années 1990, révèle des marges de progression : une gestion perfectible des effluents, une empreinte carbone non mesurée, une biodiversité à mieux valoriser... Un plan d’action en trois temps a alors vu le jour : modernisation des installations, mise en place d’un suivi carbone, actions concrètes pour la faune et la flore locales... « Même les acteurs les plus avancés ont besoin d’un regard extérieur, confie Théophile Pasquier. La finance durable ne consiste pas à dire qu’on est vert mais à prouver qu’on s’améliore. » 

Quand la banque s’intéresse au vivant

Autre exemple avec Société Générale, un acteur bancaire majeur qui vise à mettre en œuvre une démarche de contribution environnementale rigoureuse sur les thèmes du vivant. « Les sujets de nature et de biodiversité ne sont pas uniquement des thèmes RSE, ce sont aussi des enjeux de résilience, estime Aurore Le Chatelier, responsable Taskforce Nature. La résilience des écosystèmes conditionne celle des territoires, des communautés, et donc des activités économiques. »

C’est pourquoi la banque entend soutenir des projets qui vont générer des bénéfices environnementaux : séquestration de carbone, protection des sols, restauration des forêts ou encore préservation d’herbiers marins. « Pour estimer la qualité effective des projets, nous avons élaboré une grille d’évaluation inédite, en nous basant sur les standards de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) pour les Solutions Fondées sur la Nature et sur l’expertise d’experts techniques. » Objectifs : mesurer la robustesse et la viabilité des projets labellisés bas carbone en France, en tenant compte de leur ancrage local et de leurs effets sur la biodiversité.

« Nous avions besoin d’un outil qui parle à la fois aux financiers et aux développeurs de projet, raconte Aurore Le Chatelier. Cette grille crée une colonne vertébrale commune : elle aide à sélectionner les développeurs et les projets sur une base objective et ambitieuse ». Cette méthode construite avec 
Bureau Veritas Living Resources sert désormais à évaluer les propositions reçues dans le cadre d’un appel d’offres sur des projets labellisés bas carbone.  

La finance durable, ou la culture de la preuve

« Derrière le jargon ESG et la complexité des réglementations, il y a une réalité simple : la finance ne peut plus ignorer le vivant, résume Emmanuel Audoin, responsable de projets Nature et biodiversité de Bureau Veritas Living Resources. Pour devenir crédible, elle doit s’appuyer sur des expertises variées pour objectiver des critères de sélection de projets, définir quelles données RSE seront collectées puis vérifiées, déployer des audits indépendants. Elle nécessite une compréhension fine des filières agricoles, forestières ou marines et des enjeux RSE propres à chacune. Cette exigence, c’est la « culture de la preuve». Elle ne vise pas à ralentir les projets, mais au contraire à leur donner une base solide, mesurable et reconnue par tous. »

Les acteurs engagés sur le sujet partagent une même conviction : la finance durable ne se limite pas à des grilles d’indicateurs et à des obligations réglementaires. La problématique n’est réellement abordée que lorsque les acteurs financiers, techniques et environnementaux travaillent ensemble, de manière opérationnelle, sur des projets mesurables et vérifiables. Ce qui nécessite un cadre de confiance, avec une méthode, un suivi et des preuves qui ancrent, sur le terrain, la finance durable. 

Besoin d'une information ?

Contactez-nous