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RE2020

Adaptation au changement climatique : Comment la RE2020 fait bouger les lignes

6 oct. 2025

La lutte contre le réchauffement climatique passe aussi par l’adaptation des bâtiments au climat de demain… Entrée en vigueur en 2022, la RE2020 contribue justement à cette ambition. Voici comment les acteurs du secteur s’emparent de cette réglementation.

C’est l’un des critères pris en compte par la RE2020 : le « confort d’été » désigne la capacité d’un logement à conserver une température agréable, même par forte chaleur. Un enjeu majeur alors que les épisodes caniculaires sont appelés à se multiplier. Pour intégrer cet aspect du changement climatique, la RE2020 introduit la notion de « DH », pour degré heure. Le DH évalue les écarts entre température intérieure et température de confort. Au-delà de 1250DH par an (soit l’équivalent de 25 jours à plus de 26 à 28°C), incluant une séquence caniculaire, le bâtiment est considéré comme inconfortable. 

« Cet indicateur fait partie des éléments que nous intégrons désormais systématiquement à nos projets, raconte Sandrine Peythieu, directrice d’Agence Méditerranée du promoteur Urbis Réalisations. Encore plus dans notre territoire qui comprend les départements du Gard et de l’Hérault, dans le sud de la France ! Si l’isolation et le choix des matériaux font partie des principales pistes exploitées, l’installation de ventilateurs au plafond se généralise également. »

« La pose de brise-soleil sur une façade réduit la température ressentie en intérieur, illustre également Audrey Bacqueroët, directrice commerciale de Bureau Veritas Construction. Avec la RE2020, l’idée est d’utiliser le bâtiment comme un régulateur thermique pour éviter des dépenses trop élevées, comme la climatisation. »

Impact maîtrisé sur tout le cycle de vie

La RE2020 impose aussi de piloter le « volet carbone » d’un programme. Son objectif ? Calculer l’impact environnemental du bâtiment tout au long de son existence, à travers l’analyse du cycle de vie (production, construction, exploitation, fin de vie et traitement des déchets). Pour réduire cet impact, les projets comportent ainsi davantage de matériaux biosourcés (comme le bois ou le béton de chanvre), géosourcés (pisé, blocs de terre comprimée) ou encore réemployés ou recyclés. « Le bois reste aujourd’hui la solution privilégiée, par exemple pour les menuiseries ou les structures, confirme Sandra Sola, Chef de Service Technique d’Urbis Réalisations. À la marge, du mobilier local issu de bois de plage ou de bois de vigne sont aussi mis en œuvre par nos équipes sur nos opérations ». Côté production d’énergie, les pompes à chaleur se généralisent dans les chantiers portés par Urbis Réalisations. 
« L’analyse du cycle de vie s’inscrit aussi dans une logique d’adaptation, confirme Audrey Bacqueroët. Ce calcul détermine si les bâtiments seront résistants face aux conditions climatiques de demain. »

Autre aspect étudié à la loupe : le chantier. Son bilan carbone entre également dans la RE2020. Outre le poids carbone des matériaux, il s’agit aussi de limiter le nombre de trajets en benne, de réduire les déchets lors de la construction ou encore d’optimiser la consommation d’eau sur le chantier. 

La RE2020 prend aussi en compte l’aspect « énergie » (consommation énergétique dans le bâtiment pendant toute son exploitation) et l’aspect « eau », également en phase d’exploitation. Pour ce dernier élément, de nouveaux seuils à respecter vont entrer en vigueur d’ici 2 ans. 

Le rôle renforcé du contrôleur technique

Ces nouvelles obligations imposent d’anticiper les choix de construction, leurs conséquences et de suivre leurs modifications tout au long du projet. Avec une place centrale pour le contrôleur technique présent durant tout le chantier ! Sa mission ? Faire le lien entre toutes les parties prenantes. 
« Pour cela, Bureau Veritas Construction propose une « mission carbone » à ses clients, de la phase de conception pour assurer le respect des seuils carbone imposés par la RE2020 jusqu’à la fin du chantier, explique Audrey Bacqueroët. Les experts évaluent les principaux risques d’écart pour permettre au maître d’ouvrage d’amender le projet dès que nécessaire. De quoi positionner Bureau Veritas Construction en tiers de confiance pour aider à respecter la RE2020 ! »

Bureau Veritas aide aussi à lever les obstacles. Par exemple, les assureurs considèrent encore les matériaux biosourcés ou issus du réemploi comme des techniques non-courantes. Ce qui peut entraîner une surprime une fois le bâtiment construit… « Nous menons des missions d’analyses de risques auprès des maîtres d’ouvrage, en lien avec les assureurs. Objectif : évaluer en toute transparence le niveau de maîtrise de ces nouveaux risques, permettre au maître d’ouvrage d’en tenir compte, améliorer le projet et ainsi éviter un surcoût au client. » Le tout dans le respect des obligations légales… et environnementales !

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