À Lens, la seule fonderie française de cuivre pour câbles électriques modernise son usine avec Bureau Veritas
Nexans, acteur mondial de référence dans la conception de solutions de câblage avancées, opère un changement majeur sur son site historique de Lens. L’usine spécialisée dans le cuivre se prépare à accueillir de nouveaux équipements de pointe, avec d’importantes exigences en matière de conformité. Découvrez comment Bureau Veritas accompagne ce fleuron industriel tricolore dans cette mutation.
Après 55 ans de “bons et loyaux services”, un outil industriel emblématique tire sa révérence. Dans le Pas-de-Calais, l’usine Nexans de Lens incarne un pan de l’histoire métallurgique française. Depuis le début du XXe siècle, des tonnes de câbles, d’abord en acier, puis également en cuivre depuis les années 30, sortent de ses murs. « Les fournisseurs nous envoient de grandes plaques de cuivre, que nous faisons fondre pour en faire des fils de 8 mm de diamètre raconte Philippe Demarez, Directeur de projet industriel. Ces fils servent à la conception de câbles électriques. On les retrouve dans les centrales énergétiques, dans les réseaux de transport d’électricité, chez le consommateur particulier ou professionnel, dans les bornes de recharge… ». Chaque année, 160 000 tonnes de cuivre sont traitées dans cette usine, la toute dernière de France dans cette spécialité pourtant stratégique.
C’est justement en raison de ce caractère stratégique que Nexans repense ses process. La principale machine de l’usine, en fonction depuis plus d’un demi-siècle, s’apprête ainsi à céder sa place. Pour la remplacer, l’industriel s’équipe d’une machine flambant neuve, capable de gérer également du cuivre issu de déchets. Concrètement, ce nouvel outil disposera d’un second four, dédié uniquement au cuivre à recycler issu des « mines urbaines » : câbles électriques, appareils électro-ménagers, tuyauterie... Un système de traitement garantira la pureté de la matière, avant de rejoindre la chaîne de fabrication principale. Avec 80 000 tonnes de cuivre recyclé par an, la capacité de l’usine va augmenter de 50 %, pour atteindre les 240 000 tonnes annuelles.
Pourquoi utiliser du cuivre recyclé ?
« Ce passage au recyclé s’explique par plusieurs exigences, détaille Philippe Demarez. Les cours de cette matière première augmentent fortement, en raison d’une demande exponentielle et d’une production en tension. En effet, le cuivre devient de plus en plus complexe à extraire : il faut forer de plus en plus profondément, ce qui augmente les coûts, sans compter l’impact environnemental. De plus, nous sommes dépendants de pays fournisseurs éloignés, comme le Chili. S’appuyer sur du cuivre recyclé, c’est assurer notre autonomie, réduire nos coûts et préserver l’environnement. ». Ce projet s’inscrit également dans la stratégie de souveraineté nationale portée par l’Etat dans le cadre de France 2030.
D’autant que le nouvel équipement répondra aux meilleurs standards en matière de consommation d’eau et d’émissions de CO2, en conformité avec la règle des MTD (meilleures techniques disponibles). Dans un site ICPE (installation classée protection de l’environnement) comme l’usine Nexans de Lens, un tel changement d’équipement se déroule dans un cadre réglementaire strict. Un arrêté d’autorisation préfectoral est notamment nécessaire, en matière d’environnement et de santé des travailleurs. « Nous avons donc fait appel à Bureau Veritas pour nous accompagner dans ces démarches » précise Philippe Demarez.
Pour aller plus loin :
Comment Bureau Veritas propose un accompagnement complet
« Bureau Veritas s’est distingué par une approche globale dans sa méthodologie, explique Jérôme Thomas, Responsable des Grands Projets Industriels chez Bureau Veritas. Nous sommes présents à toutes les étapes, de l’avant-projet jusqu’à la mise en exploitation : conception, dossier d'autorisations environnemental, évaluation des fournisseurs… Pour cela, nous préparons une check-list de toutes les actions à mener par le client, phase après phase. Des experts thématiques interviennent dès que nécessaire, sous la supervision d’un chef de projet qui transpose le calendrier d’exécution du réglementaire à celui du projet, et en garantit son respect. Au total, ce sont plus de 43 missions réalisées et une vingtaine d’experts mobilisés, essentiellement des ingénieurs. »
La nouvelle machine sera assemblée dans un bâtiment construit pour l’occasion, dont la conformité a également été validée par le Groupe Bureau Veritas. Elle y sera testée, déboguée et soumise à de multiples tests pour vérifier sa conformité aux référentiels applicables (Machine, DESP, ATEX, sûreté de fonctionnement…) et son intégrité opérationnelle. Elle pourra alors entrer en service pour écrire une nouvelle page de l’histoire industrielle du Nord de la France.