Dans un salon automobile, gros plan sur une voiture électrique blanche et sa borne de rechargement sous des rais de lumières verts et turquoise.

Mobilité électrique : comment dépasser les bornes ?

6 oct. 2022 - 2 min

Avec du retard sur le planning initialement imaginé, le déploiement de bornes de recharges électriques s’accélère fortement en France. À l’occasion du Mondial de l’Auto, le MAG BV revient sur les enjeux de ces dispositifs de recharge.

IRVE : ces 4 lettres pour la mobilité de demain s’ancrent partout sur le territoire. Les infrastructures de recharge de véhicules électriques se multiplient de façon exponentielle en France. De 250 000 points de recharge au total en France en 2019, le cap du million vient d’être franchi 3 ans plus tard, d’après les données d’Enedis. Parmi eux : 50 000 sont accessibles au public, les autres appartenant à des particuliers ou des entreprises.

« Le marché a longtemps stagné en raison de plusieurs freins, estime Florent Maret, directeur commercial de Bureau Veritas Exploitation. D’un côté, des voitures plutôt chères et peu équipées. De l’autre, des infrastructures de recharge insuffisantes. Si le premier point appartient désormais au passé avec des modèles de plus en plus abordables, les infrastructures gardent un certain retard à combler pour accompagner le développement des ventes de véhicules électriques, multipliées par 4 en 2 ans ! »

 

Directeur Commercial - Bureau Veritas Exploitation

Pour se démarquer de la filière asiatique, les batteries françaises et européennes doivent se distinguer par leur qualité et par le respect des principes sociaux et environnementaux.

Florent Maret Directeur Commercial - Bureau Veritas Exploitation

DES FORMATIONS QUALIFIANTES

En amont de l’installation des bornes de recharges électriques les installateurs doivent posséder une qualification spécifique, délivrée à l’issue d’une formation de un ou plusieurs jours en fonction du niveau souhaité. Le référentiel de cette formation est défini par l’AVERE et fait suite à l’arrêté du 27 octobre 2021 relatif aux qualifications pour les études, l’installation et la maintenance des infrastructures de recharge pour véhicules électriques,

« Nos formations IRVE sont agréées par l’AFNOR Certification depuis plusieurs années et nous avons fait le choix d’équiper les centres de formation des plus importantes métropoles françaises dès l’entrée en vigueur de l’arrêté le 1er juillet, afin d’accompagner nos clients installateurs et le déploiement des infrastructures de recharge sur le territoire » explique Willy Haegeman, Directeur des opérations Formation de Bureau Veritas Exploitation.

 

Des contrôles renforcés

Dans ce marché naissant, le rôle des organismes de contrôle va permettre d'augmenter la fiabilité, la disponibilité et la sécurité des installations. « Les pouvoirs publics, conscients de cet enjeu, renforceront les mesures visant à faire respecter la réglementation à l'installation, en plus des obligations de vérifications annuelles. » Bon nombre de missions et d’expertises de Bureau Veritas seront concernées en 1re ligne : réalisation des diagnostics, vérifications initiales et Consuel mais aussi le commissioning, le contrôle technique ou le CSPS...

« Un donneur d’ordres, comme un acteur de la grande distribution, nous délègue la prise en charge et la réception des bornes sur ses parkings, détaille Audrey Bacqueroët, directrice commerciale Bureau Veritas Construction. Nous supervisons alors tout pour lui, à l’image de ce projet de déploiement de plus de 1 000 bornes sur 227 parkings de ses supermarchés. En plus des aspects techniques, nous vérifions le respect de la signalisation, la présence des équipements nécessaires et assurons le pilotage via un outil digital dédié. C’est l’expérience clients, en plus de la conformité, qui est visée. »

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L’émergence d’une filière française et responsable

Et la filière poursuit sa structuration. Pour accélérer le développement de l’électrique, l’autonomie reste encore un sujet majeur. Des modèles avec des autonomies au-delà des 500 km seront dévoilés au Mondial de l’Auto, mais la prochaine étape attendue – avec des autonomies de plus de 900 km – va bouleverser la donne et démultiplier l’intérêt pour les véhicules électriques. Et dans la conception de ces batteries nouvelle génération, la France compte bien se faire entendre.

« Dans le Nord du pays, 3 giga-factories sont en construction ou en projet avec un objectif : produire localement les futures batteries, sans dépendre de fabricants asiatiques », explique Florent Maret. Les premières batteries devraient sortir des usines dès fin 2023. Bureau Veritas assure le suivi du bâti comme des process, pour ces 3 sites de 3 constructeurs différents. « Le tout dans une démarche qui va au-delà de la conformité réglementaire et inclut des aspects sociétaux et RSE, dans la droite ligne de notre Green Line. Pour se démarquer de la filière asiatique, les batteries françaises et européennes doivent se distinguer par leur qualité et par le respect des principes sociaux et environnementaux. Cela passe par une chaine d’approvisionnement responsable, par exemple, soucieuse des conditions d’extraction des matières premières : tant sur les conséquences pour l’environnement qu’en s’intéressant aux conditions de travail des mineurs dans les pays concernés. »

Dans cette démarche vertueuse, Bureau Veritas montre l’exemple : tous ses nouveaux sites en France seront prochainement équipés de bornes. Le groupe s’engage aussi à installer un système de recharge au domicile des collaborateurs équipés d'un véhicule électrique de fonction. Une manière aussi d’anticiper les futures restrictions dans les zones basses émissions, dont les voitures thermiques pourraient être bannies. Et de continuer in fine à accompagner, avec des voitures propres, ses clients sur tout le territoire et sans restriction de circulation.

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