Vue du navire l'Hermione en cale séche au chantier naval de Bayonne

Comment visiter L’Hermione : toutes les mesures sont en place pour monter à bord

18 oct. 2021 - 2 min

Immobilisée pour travaux à Bayonne, L’Hermione pourra continuer à recevoir des visiteurs le temps de sa réparation. Les équipes de Bureau Veritas ont élaboré un protocole de sécurité adapté à la réplique de ce trois-mâts mythique du XVIIIe siècle.

Cale sèche pour L’Hermione ! Victime d’avaries, la réplique exacte du navire qui a conduit le marquis de Lafayette aux États-Unis en 1780 pour mener la guerre d’indépendance, est en arrêt forcé à Bayonne. En cause : un champignon qui s’attaque à la coque et impose de lourdes réparations avant de reprendre la mer… Mais pendant son immobilisation, pas question de stopper les visites de L’Hermione. Le trois-mâts, construit selon les techniques de l’époque, fascine les férus d’histoire et de navigation. Mais avant de pouvoir l’ouvrir au public, il faut s’assurer de la sécurité de tous. Un véritable exercice d’équilibriste, entre la prise en compte d’une structure historique et le respect d’exigences contemporaines…

« La cale sèche change totalement la donne, décrypte Bruno Somet responsable de l’activité contrôle construction. Avec son immobilisation, le bateau ne répond plus des affaires maritimes, mais des affaires terrestres avec de nouvelles règles. Par exemple, en mer, si quelqu’un passe par-dessus bord, il sera possible de le récupérer rapidement sain et sauf. En cale sèche, une chute sur une surface dure est autrement plus dangereuse. » L’une des premières étapes consiste donc à sécuriser le pont du navire. Or pour limiter le poids de L’Hermione dans sa phase terrestre, tous les canons ont été retirés – 1,8 tonne chacun – laissant des trous béants à leur emplacement habituel. Ce qui oblige à combler ces espaces pour éviter toute chute.

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Le feu, ennemi n°1 de L’Hermione

Mais le principal risque concerne le feu. « Dans les bâtiments modernes, les matériaux choisis doivent répondre à différentes normes pour limiter la propagation d’un incendie et des portes coupe-feu robustes sont obligatoires », rappelle Bruno Somet. Inenvisageable sur L’Hermione, faite de bois de la coque aux mâts et de la proue à la poupe ! « Nous avons donc demandé le renforcement des dispositifs de détection et fait retirer tous les matériaux inflammables, comme les voiles, la peinture ou la colle. Les 88 matelas des couchettes sont en cours d’expertise pour déterminer leur résistance au feu. Quant aux travaux de soudure qui seront menés sur la coque, et qui vont créer des points chauds, ils seront strictement encadrés. »

En parallèle, des procédures d’évacuations adaptées au voilier ont été élaborées. Le trois-mâts dispose de 3 passerelles, soit une de plus qu’imposée par la règlementation. Toutes les visites se feront par groupe de 18 personnes maximum, toujours encadrées par un guide formé aux situations d’urgence. A l’intérieur du navire, l’éclairage va être renforcé. Et pour faire de la place et limiter le risque de chute, un maximum d’objets sera retiré du parcours visiteur.

Les vérifications techniques des installations électriques, équipements d’alarme seront inspectées par l’équipe de  David Martin, chef de service Inspection Vérification en service.

Le pont peint en rouge du navire LHermione en cale sèche à Biarritz

 

Une question d’équilibre

« Tout l’exercice consiste à trouver un juste milieu entre les spécificités de L’Hermione et les exigences actuelles de sécurité, résume Bruno Somet. Parfois, des dérogations s’imposent. Nous disposons d’une solide expérience dans le domaine des bâtiments atypiques, comme par exemple le musée basque de Bayonne, tout récemment l’Hôtel du Palais de Biarritz. Notre objectif : assurer une exploitation économique viable tout en garantissant la sécurité des visiteurs et la protection des exploitants. »

Parmi les éléments marquants du projet, la mobilisation de toutes les équipes Bureau Veritas. Notre Groupe sera ainsi chargé de vérifier la bonne stabilité de l’Hermione dans sa cale sèche. « Si, d’un coup, 50 personnes se déplacent à bâbord pour prendre une photo, la structure doit supporter ce changement d’équilibre sans que le bateau ne bouge » explique Bruno Somet. Mais l’aventure ne s’arrête pas là.

Vers le large

Après le bateau, les équipes de Bureau Veritas vont s’atteler à la vérification de la cale sèche, elle-même monument historique construite sous l’Ancien Régime, et qui sera aussi un élément du parcours. Les équipements voisins qui permettront de recevoir les touristes seront aussi concernés. « Les exploitants de L’Hermione veulent profiter de cet arrêt forcé pour faire découvrir le projet à de nombreux passionnés. C’est aussi un élément stratégique qui permettra de financer en partie les lourds travaux à réaliser. »

Après le retour en mer, au printemps-été 2022, Bureau Veritas poursuivra sa croisière aux côtés du trois-mâts. Chaque année, à l’initiative de David Martin les équipes seront en charge d’une visite de contrôle, principalement axée autour du risque majeur : l’incendie. Toutes les installations électriques, notamment, seront rigoureusement contrôlées pour assurer la longévité et le succès de la réplique du mythique trois-mâts.


Le navire est ouvert à la visite à Bayonne en visite libre et visite guidée : L’Hermione, le grand carénage – Un chantier spectacle, et un chantier de formation.  
Comme pendant la construction, le public pourra suivre l’avancée des travaux de réparation sur la frégate.

Renseignements sur www.hermione.com

 

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