Ocean Approved

Interxion devient le 1er labellisé «Ocean Approved®», label décerné par la Fondation de la Mer, suite à l’audit de Bureau Veritas

10 fév. 2022 - 4 min

Élaboré par la Fondation de la Mer en lien avec Bureau Veritas France et le ministère de la Mer, le label « Ocean Approved® » distingue les entreprises maritimes et non maritimes engagées dans la préservation des océans. Opérateur français de datacenters, Interxion est la toute première entreprise à l’obtenir. Preuve que le sujet ne concerne pas uniquement les structures dont l’activité est en lien avec la mer ou à proximité des littoraux, bien au contraire…

Pourtant cruciale, la question des océans était la grande absente des derniers débats de la COP 26. La mer absorbe le quart du CO2 émis par les activités humaines et sa préservation constitue un levier de poids dans la lutte contre le dérèglement climatique. Un enjeu bien compris de certaines entreprises, comme Interxion, qui compte 12 datacenters à Paris et à Marseille. « Adhérent au Global Compact depuis 2017, nous avions noté que l’océan est le grand oublié des communications RSE . En 2019, seulement 14 % des reportings mentionnent l’ODD 14 des Nations Unies, raconte Bruno Forest, directeur Qualité et Sécurité d’Interxion. Une vraie opportunité pour évaluer l’impact de notre activité sur l’océan et sensibiliser nos parties prenantes dans le cadre de notre stratégie RSE. »

Conséquences directes ou indirectes des activités

Interxion a d’abord mené un travail de fond pour établir un lien entre datacenter et mer. Et les interactions sont nombreuses ! « Le référentiel définit des objectifs concrets, tels que la prévention de la pollution résultant des activités terrestres, à l’image des plastiques qui deviennent déchets en mer. Autre illustration : veiller à ce que le béton que nous utilisons pour la construction de nos sites ne provienne pas de granulats issus de la mer. Mieux, nous avons réhabilité à Marseille une ancienne base sous-marine pour y installer un datacenter et limiter ainsi l’usage de nouvelles ressources. »

Pas besoin de disposer de sites près de la mer pour être concerné, confirme Isabelle Hanouët, chargée de mission à la Fondation de la Mer : « Les actions peuvent porter sur tout ce que les entreprises rejettent, tout ce qu’elles prélèvent (comme le sable ou les ressources vivantes) ou tout ce qu’elles mettent en place, notamment au travers de leurs fournisseurs, qu’il faut aussi sensibiliser. Ce ne sont pas des mesures forcément spécifiques à l’océan : elles peuvent s’ajouter à d’autres réalisations déjà menées en faveur du développement durable. »

Du référentiel au label avec audit

A l’origine de ce label, la Fondation de la Mer est partie d’un constat : l’océan et plus généralement la vie aquatique (ODD 14-Objectifs de Développement Durable de l’ONU) est un enjeu peu pris en compte. Pour y remédier, les équipes ont élaboré un référentiel qui valorise les entreprises ayant identifié leur lien avec l’océan et bâti un plan d’action. La Fondation s’est ensuite rapprochée de Bureau Veritas pour transformer ce référentiel en label robuste, indépendant, valable partout dans le monde et construit sur des critères objectifs. Officialisé le 8 juin 2021, « Ocean Approved® » concerne tous les secteurs d’activité.

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« Le label liste au total 120 critères, mais le travail débute d’abord par une analyse de matérialité pour déterminer quels critères s’appliquent à la structure, puis une analyse de risques pour mesurer les plus importants, détaille Laurent Croguennec, directeur général de Bureau Veritas Certification. Nous apportons une boîte à outils, une méthodologie pour identifier et mettre en œuvre des actions concrètes. »

Dans le cadre de sa labellisation, Interxion a valorisé ses bonnes pratiques environnementales, telles que son projet Rivercooling à Marseille qui consiste à utiliser l’eau d’une rivière souterraine pour refroidir les équipements informatiques. Interxion est aussi associée au projet de recherche Prométhée – Med. Objectif : établir la 1ère méthodologie de certification des mesures de conservation et de préservation des herbiers de posidonie. Cette espèce endémique stocke jusqu’à 1 500 tonnes de carbone par hectare, soit 3 à 5 fois plus que les forêts tropicales. « Un site pilote se trouve au sein du Parc national des Calanques en Méditerranée. Le dispositif permettra au Parc de financer les aménagements prévus dans le cadre de son schéma global de mouillage, ainsi que les actions de surveillance et de gestion qui permettront une protection effective de l’herbier. » précise Bruno Forest.

Engager tout son écosystème

Des actions aussi concrètes que parlantes, tant en interne qu’en externe. « En interne, une démarche de ce genre renforce l’engagement des équipes et la fierté d’appartenance, souligne Laurent Croguennec. En externe, c’est un exemple donné aux parties prenantes et une manière d’embarquer les fournisseurs en les incitant à aller dans la même direction, vers des actions plus vertueuses. »

« Ce label récompense notre engagement et ouvre le champ de réflexion, en nous interrogeant sur nos impacts directs et indirects. L’audit mené par Bureau Veritas nous pousse à nous améliorer en gardant en ligne de mire l’audit de suivi dans 18 mois et celui de renouvellement dans 36 mois », conclut Bruno Forest. D’ici là, d’autres entreprises devraient rejoindre le mouvement, notamment dans les secteurs du transport maritime, de la distribution et de la cosmétique.

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