Alors que nos habitations deviennent de plus en plus high-tech (la domotique a fait son entrée dans notre vocabulaire courant), les bâtiments eux-mêmes deviennent de plus en plus connectés.

Bâtiments connectés : la certification qui va plaire aux amateurs de nouvelles technologies

15 jan. 2020 - 2 min

Alors que nos habitations deviennent de plus en plus high-tech (la domotique a fait son entrée dans notre vocabulaire courant), les bâtiments eux-mêmes deviennent de plus en plus connectés. Mais comment garantir une structure pérenne et sécurisée pour les habitants ? L’association Smart Building Alliance (SBA) et Bureau Veritas Certification viennent de mettre au point un référentiel qui certifie à la fois le support technique des ouvrages et les services associés.

« Nous l’attendions depuis des années ! » Philippe Durand ne masque pas sa fierté. Pour le responsable de la filière Construction et Immobilier de Bureau Veritas Certification, « il s’agit tout simplement du premier label de performance des infrastructures IP pour les consommateurs », une adaptation du cadre de référence “Ready to Services” (R2S), initialement destiné au secteur tertiaire. Alain Kergoat, directeur des programmes de l’association Smart Building Alliance (SBA), est l’initiateur et la cheville ouvrière du projet. Il confirme que « sur la question du numérique, il n’existait aucun cadre de référence sur les bâtiments résidentiels et les usages : ce label comble un vide ». R2S Résidentiel permet d'offrir plus de services aux habitants et optimise l'exploitation des immeubles.

Les infrastructures et les services associés

Le référentiel se compose de deux grandes parties. La première porte sur le socle technique et opérationnel, constitué autour de la “colonne numérique” du bâtiment. Alain Kergoat expose : « il s’agit d’un guide pour déployer une infrastructure numérique solide et pérenne. Solide, car elle assure un niveau de protection suffisant pour une vraie sécurité numérique. Et pérenne, en reposant sur des standards avec une structure ouverte et flexible ». Concrètement, Philippe Durand détaille : « il y a 4 niveaux de performance suivant le degré de technologie et le caractère opérationnel de l’ouvrage. On peut obtenir la certification de base (tous les prérequis et 20 % des points à attribuer), puis faire valoir ses atouts avec un système d’étoiles (*, **, ***)”. Un immeuble labellisé 3 étoiles pourra ainsi être doté d’équipements Smart ouverts, accessibles, supportant différents protocoles, gérés et mis à jour. Enfin le bâtiment et les logements pourraient fonctionner avec des protocoles de communication sécurisés et un opérateur de service spécifiquement missionné sur ce volet Smart. »

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Le second chapitre du référentiel porte sur une quarantaine de services associés à la connectivité numérique, classés en 7 familles, comme par exemple “énergies et fluides” (suivi et optimisation), “sécurité” des logements, “santé et maintien à domicile” pour les services permettant aux personnes de demeurer chez elles plus longtemps grâce à la domotique, ou encore la maintenance technique de l’ouvrage.

Pour voir son ouvrage labellisé, comptez 36 mois pour une construction neuve, et 6 à 12 mois pour de la rénovation.

Du sur-mesure pour les résidences senior

L’objectif ? Pouvoir afficher concrètement les engagements du promoteur ou du bailleur, cibles prioritaires de ce référentiel avec les résidences senior. L’un des avantages du référentiel porte justement sur les indicateurs. Il s’agit de transformer les promesses du maître d’ouvrage en actes techniques, donc en engagements objectifs, précis et mesurables. Cet accompagnement tout au long de la vie du chantier permet à chaque exploitant de communiquer au fur et à mesure de l’avancée des travaux, avant même l’obtention du label. La visibilité du label R2S Résidentiel s’adresse tout autant à la filière professionnelle – maintenance du bâtiment, économies d’énergie, communication – qu’au particulier. Philippe Durand développe : « R2S Résidentiel est un nouveau standard qui permet de justifier que l’argent est employé au service des résidents, qui seront les premiers bénéficiaires d’un bâtiment connecté. Clairement, nous sommes dans l’aboutissement de la smart city chez soi ».

Une méthodologie de conception efficace

« Nous avons mis tout le monde autour de la table : industriels de l’électro-numérique, maîtres d’ouvrage, aménageurs… Il a fallu se mettre d’accord sur les caractéristiques techniques du bâtiment”, rappelle Alain Kergoat. Philippe Durand abonde : “SBA a créé le cadre de référence. Une fois ce travail réalisé, Bureau Veritas Certification l’a traduit en exigences techniques pour en faire un outil de certification ». R2S Résidentiel est donc une copropriété entre les deux acteurs.

Un développement rapide à l’international ?

Alain Kergoat se montre ambitieux pour le développement du label R2S Résidentiel et compte sur l’expertise de Bureau Veritas pour porter le projet : « nous avons retenu l’entreprise comme certificateur, d’abord parce qu’elle possède un savoir-faire sur les référentiels et les certifications techniques, et aussi car le référentiel a une vocation internationale et que Bureau Veritas possède des bureaux dans plus d’une centaine de pays ». La smart city est un sujet global, mais sa prochaine labellisation est une fierté bien française.

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