Bureau Veritas inspecte l’un des trains les plus hauts de France

À 2 000M D’ALTITUDE, L'INSPECTION DE L’UN DES TRAINS LES PLUS HAUTS DE FRANCE

18 nov. 2019 - 2 min

Thomas Badie est diagnostiqueur chez Bureau Veritas, pour la région Nouvelle Aquitaine-Charentes-Limousin. Il inspecte diverses installations, à la recherche de traces d’amiante et de plomb, assurant la sécurité des collaborateurs qui y travaillent.

Dans un paysage de carte postale, une vision étrange : deux silhouettes vêtues de combinaisons blanches évoluent autour d’une voie ferrée... Bienvenue dans la vallée d’Ossau (Pyrénées-Atlantiques) ! Traversant la vallée sur 10km, le petit train d’Artouste, jadis train de chantier et aujourd’hui deuxième train touristique le plus haut de France, est l’objet des attentions de Thomas Badie et de son collègue Sylvain Lelievre.

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La scène se passe au printemps dernier. Equipé d’une combinaison de protection intégrale, d’un masque, de gants et de bottes étanches, Thomas Badie, 25 ans, transporte dans un seau les outils (pinces, marteau, cutter, paire de ciseaux à bois, burin) avec lesquels il prélève diverses pièces : peinture sur les essieux, plaquettes de freins, isolant sous les capots des locomotives… « L’amiante n’a été interdite qu’en 1997, explique-t-il. En l’absence de documents détaillant la fabrication (ancienne) des wagons, l’exploitant de la ligne, la Société hydroélectrique du Midi (SHEM), a chargé Bureau Veritas d’inspecter le matériel ». Une mission préventive qui permettra aux machinistes de travailler en toute sécurité et aux techniciens de mener sans risque les actions de maintenance. Les passagers, en revanche, ne courent pas le risque d’être exposés à d’éventuelles émanations. L’intervention devance la récente réglementation d’août 2019 qui va entraîner de futures missions pour Bureau Veritas, en vertu de la norme NF F01-020 identifiant les produits et matériaux contenant de l'amiante dans le matériel roulant ferroviaire.

Des centaines de prélèvements

Le train ne fonctionnant que pendant l’été, l’inspection a lieu hors-saison, dans des conditions parfois éprouvantes. « Sous notre combinaison, nous subissions de plein fouet l’amplitude thermique entre le matin et l’après-midi. Les prélèvements sous les parties basses nécessitaient que nous nous allongions sur les cailloux, comme des garagistes ».

Changement de décor. De retour au bureau, Thomas Badie prépare les bordereaux et envoie au laboratoire les sachets contenant les échantillons. Une fois en possession du rapport d’analyse, il dresse les plans et insère le résultat des prélèvements dans la cartographie. Au client de prendre, le cas échéant, des mesures de décontamination en fonction des résultats. Le petit train d’Artouste, avec sa dizaine de locomotives et sa soixantaine de wagons, a nécessité 200 à 300 prélèvements, soit deux à trois semaines de travail au total.

portrait de Thomas Badie, diagnostiqueur chez Bureau Veritas, pour la région Nouvelle Aquitaine-Charentes-Limousin

Des missions parfois délicates

Avant d’évoluer à 2 000 m d’altitude, Thomas Badie a décroché à l’université de Montpellier une licence professionnelle en contrôle et expertise du bâtiment, recouvrant des matières à la fois techniques et réglementaires. Il a été certifié dans tous les domaines du diagnostic (amiante et plomb pour cette intervention), avant d’ajouter une formation « Travail en hauteur niveau III », avec harnais et cordes. Certaines missions délicates nécessitent d’être accompagné de cordistes, par exemple lors d’une descente le long d’une vanne de barrage hydroélectrique.

Un métier qui l’emmène dans des sites divers : des barrages, mais aussi des phares, des bases militaires, des bateaux, des sites industriels… C’est notamment ce qui fait l’intérêt de son métier, précise-t-il : « J’ai d’abord exercé dans un cabinet, auprès de particuliers. Travailler chez Bureau Veritas me permet d’étendre et de varier mes domaines d’intervention. J’ai accès à des lieux souvent fermés au public ».

Exercer dans un cadre privilégié

Un expert qui ne mène pas vraiment une vie de bureau, puisqu’il passe près des trois quarts de son temps sur le terrain. « Cela implique de nombreux déplacements : basé à Pau, je me rends souvent à Perpignan, dans les Pyrénées ou le Massif Central.  J’exerce mon métier dans un cadre privilégié, au milieu de paysages magnifiques, mais certaines missions sont parfois repoussées en cas d’intempéries. Je suis conscient de ma chance », reconnaît Thomas Badie. Pratiquant passionné de rugby, il bénéficie d’une bonne condition physique, qui s’avère nécessaire quand sa journée commence par une randonnée en portant du matériel. Il va prochainement être héliporté en montagne, dans un lieu difficilement accessible, traquant le plomb et l’amiante partout où ils se trouvent !

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