Opérateurs en combinaisons et masques de protection sur un échafaudage recherchant des traces d'amiante dans un bâtiment.

Bâtiments durables : comment le diagnostic amiante favorise l’économie circulaire

20 jan. 2020 - 3 min

Le repérage amiante, au-delà de donner une réponse quant à la présence ou non d’amiante, permet également de s’intégrer dans l’économie circulaire en favorisant des solutions de réutilisation ou de réemploi.

L’amiante, minéral de la construction des années 1950 à 1980 présentant de multiples qualités, bien qu’interdit depuis 1997, est encore massivement présent. Beaucoup trop au vu de son caractère cancérogène avéré. Selon les chiffres de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), il reste environ 15 millions de tonnes de matériaux contenant de l’amiante dans les bâtiments en France. Et, chaque année, du fait des travaux effectués, de démolition ou de rénovation, ce sont donc plusieurs centaines de milliers de tonnes de déchets amiantés qui sont à traiter.

Savoir les traiter est un enjeu majeur. A fortiori aujourd’hui quand la loi, dite de transition énergétique, rend obligatoire d’atteindre le taux de 70% de valorisation des déchets du BTP. Dans ce contexte, le repérage amiante, réalisé par des professionnels indépendants, est dorénavant un maillon essentiel pour atteindre cet objectif.

Des dizaines de milliers d’analyses sur les enrobés bitumineux.

« Ces dernières années, la demande est croissante pour  la recherche d’amiante, témoigne Marc-Antoine Bassompierre, directeur Métiers du patrimoine pour Bureau Veritas Exploitation. Pour le compte des donneurs d’ordres, nous procédons, chaque année, à plusieurs dizaines de milliers de  prélèvements pour analyses dans le domaine des infrastructures de transport, dont la voirie. »

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Le principe ? Un prélèvement sous forme de carottage, réalisé au minimum tous les 200 mètres linéaires de voies. Le tout est transmis à un laboratoire qui, en moins de quinze jours, délivre les résultats. A ce stade, deux solutions.

Première option : les tests effectués ne révèlent pas d’amiante. Dans ce cas, les déchets peuvent suivre un cycle vertueux de réemploi ou de réutilisation. En cas de présence d’amiante, la seconde option est plus contraignante–, précise Marc-Antoine Bassompierre. L’enjeu est alors d’orienter le donneur d’ordre vers les solutions existantes.

Eliminer l’amiante pour créer de nouvelles matières premières

Ce sera soit la mise en installation de stockage de déchet non dangereux (si absence de goudrons de type HAP), ou de déchets dangereux  soit, pour un coût largement supérieur et pour quelques milliers de tonnes par an seulement, une solution de retraitement via un procédé de vitrification par torche à plasma ; une pratique certes efficace mais coûteuse et très gourmande en énergie. Il s’agit en effet de porter la température jusqu’à 5000°C afin d’obtenir une destruction totale du déchet : les composés organiques sont transformés en gaz de synthèse (syngas) tandis que les inorganiques sont convertis en un verre inerte qui peut ensuite être valorisé comme agrégat utilisé notamment pour former les sous-couches routières.

Enfin, une troisième solution d’avenir émerge avec des tests menés pour obtenir la dissolution de l’amiante via l’utilisation de différents acides, chlorhydrique ou sulfurique. Cette technique, au coût a priori supérieur à une installation de stockage, permet de récupérer une nouvelle matière première. « Deux projets sont actuellement en cours, en France, et cela semble en bonne voie de se concrétiser, même s’il faut encore rester prudent sur les délais de mise en service effective », réagit Marc-Antoine Bassompierre qui, dans tous les cas, salue « le cycle de réutilisation qui se met aujourd’hui en place et au sein duquel les repérages amiante, de par leur sérieux et l’accompagnement des donneurs d’ordre en fonction des résultats, apportent tout leur concours. »

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