Vue panoramique du pont suspendu de Saint-Nazaire. Il s'agit du pont suspendu le plus long de France.

Aux bons soins du plus long pont de France

5 avr. 2022 - 2 min

Bureau Veritas Solutions entame un audit sur le pont de Saint-Nazaire qui doit s’achever dans le courant de l’été. Un projet exceptionnel à plus d’un titre.

3 356 mètres. C’est la longueur précise du pont de Saint-Nazaire, mis en service en octobre 1975 pour relier le Nord et le Sud de l’estuaire de la Loire. Il s’agit tout simplement du plus long pont de France. Un pont haubané à la silhouette élégante et légère qui culmine, dans sa partie centrale, entre les deux piles principales, à quelques 61m au-dessus des plus basses eaux du fleuve.

Une mission au long cours

Bureau Veritas Solutions a remporté, fin 2021, un appel d’offres portant sur un diagnostic de l’état des piles du pont. Il en compte au total 57. L’entreprise interviendra par sondage sur 11 d’entre elles. « Le projet a commencé mi-mars, avec des visites de reconnaissance et quelques tests, précise Vanessa Riley, chef de service audit, conseil & ingénierie pour les régions Centre, Pays-de-la-Loire et Poitou. Le démarrage de la mission in situ aura lieu fin avril pour s’achever début juin 2022. Et il est prévu que nous rendions notre diagnostic au plus tard début septembre. »

Bureau Veritas Solutions a déjà été missionnée par le Conseil départemental de la Loire-Atlantique, à la fois maître d’ouvrage et maître d’œuvre, pour intervenir sur le pont de Saint-Nazaire. C’était en 2009 et en 2017 pour une inspection détaillée des viaducs nord et sud. Les piles ont fait l’objet de diagnostics antérieurs également.

« Ces diagnostics ont été suivis de travaux de rénovation, notamment sur les piles nord, via des méthodes classiques : purge du béton, ragréage et application de systèmes de protection anticorrosion, ajoute Vanessa Riley. Il s’agit soit de peintures spécifiques, soit de revêtements LHM (Liant hydraulique modifié), appliqués sur les parements en béton pour limiter autant que possible la diffusion d’éléments chimiques corrosifs. »

Vanessa RILEY
Vanessa
RILEY

Chef de service

Bureau Veritas

Ces diagnostics ont été suivis de travaux de rénovation, notamment sur les piles nord, via des méthodes classiques : purge du béton, ragréage et application de systèmes de protection anticorrosion. Il s’agit soit de peintures spécifiques, soit de revêtements LHM (liant hydraulique modifié), appliqués sur les parements en béton pour limiter autant que possible la diffusion d’éléments chimiques corrosifs.

 

In situ ou en laboratoire

Dans le cadre de cette nouvelle mission, l’objectif est de voir comment ont évolué les différents critères de durabilité du béton tels qu’ils ont été établis lors des précédentes campagnes.

« Nous allons procéder de deux manières, précise Dominique Roué, responsable d’opérations pour la région Bretagne et spécialiste national infrastructures. D’abord, par des essais in situ, avec des matériels mesurant le potentiel et la vitesse de corrosion, la résistivité, ou encore les enrobages des armatures du béton armé. La carbonatation et le taux de chlorures liés à l’ambiance marine seront également évalués en lien avec les valeurs d’enrobage. Il s’agit de mesurer la pénétration du CO2 et des ions chlorure dans le béton, qui pose un problème quand elle atteint les armatures car elle provoque leur corrosion. Ces essais seront donc complétés par des prélèvements qui feront l’objet d’une analyse plus poussée en laboratoire. »

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Des contraintes fortes et de toute nature

L’un des aspects majeurs de la nouvelle mission confiée à Bureau Veritas Solutions sur le pont de Saint-Nazaire est l’importance de l’organisation logistique à mettre en place. « Il nous faut tenir compte des contraintes liées aux marées ou à la météo, dans une zone côtière où les coups de vent ne sont pas rares, insiste Vanessa Riley. Nous disposons de statistiques sur les rafales de vent et, plus généralement, sur les périodes plus ou moins propices pour intervenir. Mais nous ne sommes sûrs de rien et serons peut-être contraints de replier notre matériel de temps en temps ! Nous devons aussi intégrer des contraintes liées à l’exploitation routière et à l’exploitation maritime. » La circulation des bateaux pourra continuer à s’effectuer dans le chenal situé entre les deux piles principales. La circulation des voitures ne sera pas non plus interrompue. Seule une restriction des voies est prévue épisodiquement.

La dernière contrainte – mais pour la bonne cause – est environnementale car l’estuaire de la Loire est classé site Natura 2000. Ainsi, les prélèvements ou les process de rebouchage des sondages auxquels va procéder Bureau Veritas Solutions devront se faire en préservant au maximum la qualité de l’eau du fleuve.

Des compétences multiples

Pour une mission de cette importance, plusieurs sous-traitants interviendront. Ce sera le cas notamment pour accéder au pied des piles en mer par bateau, ou encore pour installer des passerelles « négatives » (descendantes) depuis le dessus de l’ouvrage, au-dessus de l’eau, ou « positives » (montantes) pour analyser les piles terrestres.

« Nous intervenons régulièrement sur d’autres ouvrages de génie civil – silos, stations d’épuration, châteaux d’eau, ouvrages d’art… –une mission comme celle-ci, reste exceptionnelle par sa durée comme par son ampleur », insiste Dominique Roué.

Dominique Roué, Responsable d'Opérations chez Bureau Veritas

Nous intervenons régulièrement sur d’autres ouvrages de génie civil – silos, stations d’épuration, châteaux d’eau, ouvrages d’art… –une mission comme celle-ci, reste exceptionnelle par sa durée comme par son ampleur

Dominique Roué Responsable d'Opérations chez Bureau Veritas

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