RSE, gaspillage… avec l’ISO 26030 l’agro-alimentaire apporte de la transparence dans nos assiettes

Ancrage territorial, gaspillage… comment l’agro-alimentaire apporte de la transparence dans nos assiettes

16 juin. 2020 - 2 min

La norme ISO 26030 centrée sur la responsabilité sociétale est disponible depuis le début de l’année 2020. Destinée aux entreprises agroalimentaires, elle les accompagne dans l’évolution de la demande des consommateurs et les attentes de plus en plus fortes de transparence et d’amélioration des pratiques.

La consommation alimentaire des Français n’est plus la même qu’il y a 10, 20 ou 50 ans. De plus en plus, les consommateurs veulent que le contenu de leurs assiettes soit sain mais aussi plus respectueux de l’environnement, issu de méthodes de production moins gourmandes en énergie, garantissant des pratiques sociales vertueuses, etc. Autant d’attentes sociétales qui incitent les entreprises à se lancer dans des démarches de RSE. Une norme, l’ISO 26000, donne les lignes directrices relatives à la RSE pour toutes les activités. Pour disposer d’une version adaptée aux spécificités du secteur agroalimentaire, plusieurs acteurs français ont contribué au projet international de mise au point de la norme ISO26030. Publiée début 2020, elle constitue désormais un cadre pour le développement de la RSE dans les filières et la prise en compte de sujets tels que le bien-être animal, la lutte contre le gaspillage alimentaire, le comportement éthique, la limitation de la consommation d’énergie, l’ancrage territorial, le bio, la traçabilité, etc.

« Nous poussons les entreprises à mettre en place des suivis d’indicateurs. Ces KPI peuvent être le bilan carbone, la baisse des emballages… Chacun peut décider des indicateurs qui sont les plus adaptés à l’évaluation de son développement durable. L’ISO 26030 est une norme volontaire. L’idée étant d’être les plus transparents sur tous les maillons du processus de production. Il est par exemple possible d’inclure la juste rémunération des producteurs » explique Jerome Patouillard, Directeur Qualité et Développement Durable de Biscuits Bouvard. L’entreprise spécialisée dans la fabrication de biscuits sous marque de distributeurs a beaucoup participé aux débats menant à la création de cette norme. Reconnue internationalement, l’ISO 26030 s’applique aux entreprises agroalimentaires qui souhaitent donner des garanties sur leurs produits sur le marché national, comme pour celles qui exportent.

Cette démarche représente un atout de différenciation lors des négociations pour le référencement auprès des grands distributeurs. Ces derniers se font les promoteurs d’une alimentation plus saine, plus respectueuse et plus transparente en termes d’ingrédients, de composition nutritionnelle et d’implication dans les territoires. Autant d’éléments liés à la RSE qui pourraient à l’avenir devenir des exigences lors des appels d’offres. « La norme permet de se poser et de réfléchir aux méthodes de production. Imaginons que l’on achète du sucre bio en Amérique du Sud pour fabriquer nos biscuits. N’existe-t-il pas de sucre bio de betterave issu de l’hémisphère Nord ou de France ? » explicite Jerome Patouillard. « Nous avons aussi mené un travail sur les déchets et leur revalorisation, que cela soit par la méthanisation ou via l’alimentation animale » poursuit-il. L’impact sur l’environnement peut aussi être diminué via une meilleure gestion de la consommation d’énergie. Une entreprise spécialisée dans les produits d’épicerie a ainsi mis en place la mesure de la quantité d’électricité consommée par tonne de produit. Cela permet d’assurer un suivi, pour analyser et corriger les process si nécessaire.

Cette norme n’est pas certifiable mais elle peut faire l’objet d’une évaluation pour garantir une approche adaptée. La prochaine étape est de valoriser cette évaluation auprès des consommateurs, via des logos sur les produits finis ou des dispositifs de communication digitale qui explicitent les mesures mises en place.

Face aux scandales alimentaires et aux cadres règlementaires contraignants, les entreprises ont tout intérêt à prendre en compte les demandes de transparence de la société civile et de leurs clients, en offrant des gages de confiance et de sécurité. C’est précisément ce que propose l’ISO 26030. Cohérente avec la philosophie de l’ISO 26000, elle prend en compte les spécificités du secteur agroalimentaire et fait évoluer progressivement les entreprises sur la voie de la RSE.

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