Vue 3D de la Dubaï Creek Tower avec en premier plan une piscine prolongée d'un vaste canal aux eaux turquoises

Géant des sables, la Dubaï Creek Tower, bientôt plus grande tour du monde

17 oct. 2019 - 2 min

Plus de 1000 mètres de hauteur : voilà la promesse du nouveau projet de l’Émir de Dubaï, qui devrait ouvrir en 2021. Un projet hors-norme dont les plans sont passés entre les mains de Bureau Veritas.

Une fleur de Lys dans le désert. Voilà ce qu’avait en tête Santiago Calatrava, l’architecte hispano-suisse de la Dubaï Creek Tower au moment de poser sur le papier son projet de plus haut édifice au monde. Profil effilé, étiré sur plus d’un kilomètre de hauteur, cette tour s’inspire également du design d’un minaret. Exit le « Burj Khalifa » (830 m de hauteur tout de même), la « petite » dernière à sortir du sable émirati compte s’imposer longuement dans le livre des records. Un défi qui tient à cœur au Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, Émir de Dubaï, et dont la société Dubaï Holding s’est associée à Emaar Properties pour aller percer les nuages du désert, moyennant un milliard de dollars. Ouverture des portes en 2021.

« Pour Dubaï, il est important de continuer à attirer les touristes, en construisant des monuments comme cette tour, ou en organisant des événements internationaux tels que l’exposition universelle 2020 », explique Marcel Hochar, Vice Président de Bureau Veritas au Moyen Orient, bureau de contrôle missionné sur le projet. « Les chantiers hors-normes, c’est l’argument de Dubaï, qui souhaite dessiner une skyline inégalée, pour s’affirmer comme une place importante dans la région mais aussi dans le monde ».

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De par sa taille jamais égalée, la Dubaï Creek Tower n’est pas une tour comme les autres. « Elle sera ancrée au sol à l'aide de câbles robustes (les câbles les plus longs au monde)», explique Nicolas Milane, Directeur de Bureau Veritas Dubaï. Ces haubans d’acier viendront supporter une colonne de béton ancrée dans le sol à 75 mètres de profondeur. Un record, selon Emaar Properties. Les fondations, un chapitre crucial pour cette « tour d’observation » démesurée. Elles ont nécessité un million d’heures de travail, 170 000 mètres cubes de terre ont été excavées, avant que 45 000 mètres cubes de béton ne soient coulés et n’accueillent 15 000 tonnes d’armature en acier. Soit deux fois le poids de la tour Eiffel. Et à cette étape, la Dubaï Creek Tower n’est pas encore sortie de terre.

Les tests géotechniques pour sonder les caractéristiques du sol et préparer les fondations ont permis de battre le record du monde de charge appliquée sur une seule barrette (un pieux en béton) : 36 300 tonnes. Bureau Veritas, qui intervient à différents niveaux de la construction, était missionné pour certifier les fondations, et en amont, les plans détaillés de la tour. « Ces ouvrages d’exception nécessitent des modèles de calculs complexes, et les maîtres d’ouvrage ou les entreprises font donc appel à nous, en tant que tierce partie extérieure, pour vérifier ces calculs de manière indépendante, et apporter un second regard qui puisse challenger les hypothèses prises en interne », explique Jacques Matillon, Directeur général de Bureau Veritas Construction. Les équipes de Bureau Veritas contrôlent également la résistance de la tour aux vents et aux séismes. Une donnée cruciale pour une tour qui tutoiera des sommets jamais atteints.

La Dubaï Creek Tower, au design relativement simple, abritera au sein de ses 20 premiers étages des restaurants, des hôtels, le pont d’observation à 360° le plus haut du monde, et le plus haut jardin surélevé de la planète. On parle bien de la plus haute structure humaine jamais construite. Pourtant, il est acquis que la tour ne sera jamais le plus haut « gratte-ciel » au monde. Les règles sont strictes, et la Dubaï Creek Tower ne remplit pas le cahier des charges d’un gratte-ciel (pour être éligible, 50% de la surface doit être habitable, et la tour ne doit pas être supportée par des câbles).

Elle toisera pourtant fièrement le Dubaï Creek Harbour, un nouveau quartier géant de 6 kilomètres carrés actuellement en construction, grand comme deux fois le centre de Dubaï, hôte de centres commerciaux gigantesques, de 22 hôtels… et d’un yacht club. « Les Émirats sont une zone en formidable croissance, un marché en plein essor, avec de nombreux et  beaux projets d’envergure », explique Jacques Matillon. « Ce sont pour nous de belles références qui permettent de mettre en valeur le savoir-faire et l’expertise de nos équipes à travers le monde. » Une ville-chantier qui ne s’arrête jamais. « Si l’on m’avait dit il y a quelques années qu’une tour de plus d’un kilomètre de haut serait en construction, j’en aurais ri. Mais à Dubaï, rien n’y est impossible », conclut Marcel Hochar.

Attention tout de même : au même moment, à moins de 1000 kilomètres de là, à Bassora en Irak, une autre tour géante est en projet. Appelée « The Bride », elle pourrait atteindre 1152 mètres de haut… mais aucune date de construction n’a encore été annoncée.

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