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Un tramway sur une allée bordée d'arbres

Relance verte : les solutions pour rendre les tramways (encore) plus écologiques

17 oct. 2020 - 2 min

Depuis trois décennies, le tramway fait son grand retour au sein des grandes agglomérations. Ses performances écologiques sont excellentes, mais il peut encore améliorer son impact environnemental. Explications.

A la fin des années 1960, le tramway était « donné pour mort » en France. Menacé par l’essor de la voiture individuelle et des bus, seules trois lignes continuaient à fonctionner en 1966 à Marseille, Saint-Etienne et Lille. Mais depuis quelques décennies, le développement des politiques vertes menées par de nombreuses métropoles a réhabilité ce moyen de transport, à l’heure où la France cherche à diminuer ses émissions de carbone. Désormais, c’est près de 27 agglomérations qui ont développé des lignes de tramway. En Île-de-France, par exemple, près d’un million d’usagers le prennent quotidiennement, et plusieurs villes poursuivent la construction de nouvelles infrastructures. Ainsi, la métropole de Lille a annoncé cinq nouvelles lignes de tramway dans les quinze années à venir et Lyon fait la part belle à ce mode de transport dans son projet de plan de mandat. C’est dire si le « tram » a le vent en poupe. Instrument d’aménagement urbain au faible bilan carbone, il occupe une bonne place au sein du plan France Relance, qui compte investir 1,2 milliard d’euros dans la mobilité du quotidien.

De très bonnes performances écologiques

Selon l’ADEME, les transports représentaient 33 % de la consommation d’énergie finale en France en 2015. Sans surprise, pour les trajets pendulaires du domicile au travail, la voiture arrive en tête des pollueurs (221 kg de CO2 émis par an et par usager), suivi du bus (112 kg CO2/an). En revanche, le tramway, qui n’émet que 3 kg de CO2 par an et par usager, est le moyen de transport le moins polluant derrière … la marche et le vélo. Le comité d’évaluation de l’offre des transports franciliens, l’IDFM, montre, en outre, que son coût global (40 millions d’euros par kilomètre) est bien inférieur à celui du métro (150 millions d’euros par kilomètre), et qu’il est également plus rapide que le bus (15 à 20 km/h en moyenne). Enfin, le tramway est particulièrement apprécié par les métropoles car il constitue un outil d’aménagement urbain efficace. Ses travaux d’infrastructures permettent souvent d’entreprendre la réfection de la chaussée, de végétaliser les rues et de créer des logements le long de son tracé.

Malgré ces performances écologiques indéniables, le tramway présente encore des pistes d’amélioration importantes quand on considère l’écosystème dans son ensemble, en incluant les travaux d’aménagement et d’infrastructure ou les dépôts. Par exemple, une étude de terrain menée à Dijon par le département de géographie de l’ENS rapporte qu’il faut douze ans d’utilisation du tramway pour compenser les émissions de CO2 liées aux travaux initiaux. Par ailleurs, « les acteurs doivent également faire beaucoup d’efforts sur les dépôts, indique Cédric Giraud, Directeur Grands Comptes Ferroviaires chez Bureau Veritas France. Les techniques de constructions anciennes (souvent métalliques) conduisent à des écarts extrêmes de température entre l’été et l’hiver, ce qui pose des difficultés pour offrir des conditions de travail confortables (chauffage et/ou climatisation) », surtout au vu de la taille de ces bâtiments qui dépassent souvent les 20 000 m². Or selon Cédric Giraud, « de plus en plus, les autorités publiques exigent des acteurs concernés un haut niveau de performance environnementale, a fortiori dans cette période liée au plan #FranceRelance, et nous les accompagnons dans cette voie ».

Certifications pour le verdissement des tramways

Les travaux menés pour améliorer l’impact des infrastructures peuvent être accompagnés et labellisés par un tiers de confiance indépendant, comme Bureau Veritas. A ce titre, les labels HQETM ou BREEAM® constituent deux preuves indéniables d’engagement des parties en faveur du verdissement. Le premier est un référentiel précis comprenant seize objectifs répartis dans quatre engagements, applicables notamment lors de la phase chantier, comme la gestion de l’eau, des matériaux, des coproduits et des déchets, ou encore l’écoute des besoins et des attentes des riverains. Il permet de valider la mise en œuvre de certaines mesures comme l’organisation de concertations ou encore la réutilisation de matériaux valorisables pour les travaux.

Le référentiel BREEAM® est, pour sa part, le plus utilisé à l’international pour inscrire les bâtiments dans une démarche de développement durable. Il repose sur plusieurs thématiques : gestion de l’énergie, de l’eau, niveau de pollution sur le bâtiment… auxquelles sont attribués des crédits qui déterminent la note finale. Dans le cas des dépôts de tramways, l’engagement dans cette démarche peut donner lieu à des actions concrètes comme la végétalisation des bâtiments, l’utilisation de matériaux et d’isolants performants pour limiter les variations de température, ou la réutilisation des eaux de pluie et le recyclage des eaux usées pour le lavage des tramways, qui consomme plusieurs centaines de litres par rame.

Selon Cédric Giraud, ces démarches visent « à démontrer la performance environnementale en allant au-delà des standards » sur toute la période d’exploitation des sites. Tous les trois ans, un audit de renouvellement est mené par un tiers, qui accompagne par ailleurs le client à chaque étape du projet : évaluation de la situation initiale, définition du niveau de labellisation, sensibilisation des acteurs, mise en place d’un système de management environnemental, proposition de solutions d’amélioration et suivi du plan d’action.

Expert dans le domaine de le RSE, Bureau Veritas dispose d’une équipe « de collaborateurs spécialisés dans le domaine des performances environnementales : responsables d’opérations, chargés d’affaires, énergéticiens et écologues ». Ces talents accompagnent notamment les porteurs du projet #FranceRelance, les financeurs et les clients finaux dans la conduite de ce processus mettant au cœur de la démarche la nécessaire transformation énergétique de la France.

Bien accompagnés, les collectivités et plus largement tous les acteurs liés au transport, peuvent donc permettre au tramway de confirmer durablement sa place sur le podium des transports verts.

BREEAM® a été créé le premier, en 1990 et s’est étendu au-delà du territoire britannique. Cette certification se positionne comme la norme européenne des bâtiments environnementaux.
La certification HQETM est quant à elle plus utilisée en France où elle y a été créée en 2004 et à la différence de BREEAM®, son périmètre d’application se trouve exclusivement dans l’Hexagone.


Plus d'informations sur https://www.bureauveritas.fr/objectif-francerelance

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