Le fabricant de drapeaux Benjamin Robert, PDG de Manufetes, a produit des masques de protection pendant le confinement. Il a choisi de les labelliser Origine France garantie, une manière notamment de se démarquer sur le marché.

Masques « made in France » : « Les clients sont beaucoup plus attentifs aux origines qu’avant »

20 juil. 2020 - 2 min

Le fabricant de drapeaux Benjamin Robert, PDG de Manufetes, a produit des masques de protection pendant le confinement. Il a choisi de les labelliser Origine France garantie, une manière notamment de se démarquer sur le marché.

Pourquoi avoir voulu labelliser votre production de masques?

Au départ, chez Manufetes, nous produisons des drapeaux par impression numérique, ou des goodies. Le 15 mars, après l’annonce du confinement, nous sommes restés chez nous pendant deux semaines, avant de reprendre l’activité en appliquant toutes les normes sanitaires : distanciation, gel hydro-alcoolique, port du masque obligatoire... Et nous avons vu qu’il était possible de produire des masques. Nos machines étaient compatibles avec les préconisations en vigueur. Il y a eu alors une explosion de la demande que ce soit des collectivités, des entreprises, voire pour des masques personnalisés, que nous pouvons réaliser avec nos machines d’impression. Alors nous avons commencé.

Concrètement, comment avez-vous enclenché la production ?

En un mois et demi, nous avons réalisé 35 000 unités, en ouvrant un autre atelier et en embauchant 10 personnes en plus. Les commandes n’arrêtaient pas. Et face aux questions de la production de masques en Chine, nous avons voulu nous démarquer, et rassurer les clients. Réaliser un produit labellisé, avec une parfaite traçabilité de tous ses composants, est devenu une nécessité.

Comment vous y êtes-vous pris pour obtenir le label ?

Je m’étais déjà renseigné pour les drapeaux, mais la décision avait été reportée à cause d’un déménagement et de travaux. Mais je connaissais déjà le procédé. J’ai donc contacté Bureau Veritas afin de lancer la labellisation, et suivre la procédure.

Pourquoi avoir choisi le label Origine France Garantie ?

C’est selon moi le plus sérieux et le plus reconnu. Il faut vraiment montrer patte blanche. J’en avais entendu parler lors du salon du Made In France où j’avais pu discuter avec Yves Jego, l’initiateur du label. Le contact était très bien passé. Pour l’obtenir, il faut que le lieu où le produit prend ses caractéristiques essentielles soit situé en France et qu’au moins 50% du prix de revient du produit soit issu de la France. Donc il faut vérifier les matières premières, le conditionnement, la fabrication... Bureau Veritas demande tout le détail du processus de fabrication. Du fait de l’épidémie de Covid-19, les experts n’ont pu faire le déplacement, mais nous avons eu de nombreux échanges téléphoniques, et ces derniers viendront réaliser un audit sur place dans les semaines ou mois prochains. Il faut ajouter les factures des matières premières, les papiers de l’Urssaf pour les employés... Au bout du compte, nous sommes à plus de 86% du prix de revient issu de France. Seule une partie du tissu vient d’Allemagne car nous n’avons pas ce type de tissu en France. Mais tout le reste est 100% français.

C’est un gros investissement pour vous ?

Pas du tout, car nous avions déjà tout ce qu’il faut pour l’avoir. Nous n’avons rien eu à changer, ni le process, ni les fournisseurs. Le label est valable 3 ans, et il faut juste refaire les audits tous les ans. Pour un producteur français de drapeaux bleu-blanc-rouge notamment, il aurait été dommage de s’en priver.

Qu’est-ce qu’il va vous apporter exactement ?

Une fois qu’on a le label, on reçoit la charte graphique pour l’apposer sur nos produits, le packaging et faire de la communication sur le sujet. Cela donnera de la visibilité bien sûr, mais c’est surtout une garantie pour les clients qui font beaucoup plus attention qu’avant et sont très attachés au « Made in France ». Les clients pour les masques, sont plutôt des clients institutionnels. Même si les commandes ont pas mal chuté ces derniers temps, elles pourraient repartir.

Vous comptez augmenter vos prix ?

Non, pas du tout. Nous ne changerons pas de politique de prix pour cela. Nous sommes toujours restés sur un masque de prix unitaire à 5 euros, et cela ne changera pas.

Et vous comptez labelliser les drapeaux ?

Oui, nous allons procéder à la labellisation des drapeaux traditionnels. Cela n’est pas un grand coût comparé à ce que cela peut nous rapporter. Car une grande partie des clients sont des mairies et la question va devenir de plus en plus importante. Je m’attends par ailleurs à ce que dans les appels d’offres publics, les produits labellisés soient davantage pris en compte ou bien qu’ils ne deviennent la règle.


Une certification qui va beaucoup plus loin que le code des douanes

La certification Origine France Garantie est la plus exigeante en matière d’attestation du lieu de fabrication. « Nous sommes les seuls à certifier l’origine française des produits par des organismes indépendants, comme Bureau Veritas, l’Afnor Cerib ou FCBA » explique Romain Bertrand, secrétaire général de la certification Origine France Garantie. L’organisme est une association à but non lucratif, indépendante de l’État, et dont la rémunération principale provient de l’utilisation de la redevance de marque versée par les entreprises. « Mais c’est très peu, cela varie en fonction du chiffre d’affaires de la gamme de produits certifiés et non du chiffre d’affaires global de l’entreprise. Par exemple, aucune rémunération pour moins de 50 000 euros, une centaine d’euros pour un chiffre d’affaires compris entre 50 000 et 100 000 euros etc. », résume Romain Bertrand. Mais la certification n’est valable que sur les produits, et il est formellement interdit de communiquer autrement, sur l’entreprise de manière générale, par exemple, ou sur la marque.

Si cette certification est considérée comme la plus sérieuse, c’est parce qu’elle va beaucoup plus loin que le code des douanes, qui lui, régit le « made in France ». « Dans ce code, il faut que soit 40% du prix de revient unitaire du produit soit français, ou que la dernière ouvraison principale soit faite dans l’hexagone, ajoute Romain Bertrand. C’est ou l’un ou l’autre. Mais pour la certification OFG, nous sommes à 50% du prix de revient, et il faut que le produit soit fabriqué en France entièrement. Il faut par ailleurs que les deux critères cumulatifs soient vérifiés. Il y a des critères plus stricts pour certains domaines comme l’alimentaire, où l’ensemble des ingrédients qui représentent plus de 8% du poids final de la recette doivent être d’origine française. » De manière générale, les consommateurs sont de plus en plus en quête de produits français. Et la tendance s’est accélérée avec la crise sanitaire. « Nous avons enregistré énormément de demandes de certification depuis deux mois », indique le secrétaire général.

 

 

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