À Toulon, un chantier hors normes pour accueillir les nouveaux sous-marins nucléaires

TOULON :  CHANTIER HORS NORMES pour LES SOUS-MARINS NUCLÉAIRES

21 juin. 2019 - 2 min

La nouvelle génération de sous-marins nucléaires français effectuera ses opérations de maintenance à Toulon. La base navale se met actuellement à niveau afin d’accueillir les premiers « Suffren » issus du programme « Barracuda ». Bureau Veritas veille à la sécurité du chantier mené par Naval group, où Vinci intervient notamment.

Au cœur de la base navale de Toulon, un pool d’entreprises privées s’affaire autour de l’un des trois bassins et d’une partie des quais affectés à l’escadrille des six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) français. Sous très haute surveillance, elles exécutent la première phase des travaux commandés par le Service d’infrastructure de la Défense (SID) pour moderniser, renforcer et adapter les installations d’accueil des SNA aux normes des «Suffren cette nouvelle classe de submersibles qui remplacera progressivement d’ici les SNA type « Rubis », dont l’entrée en service date de 1983.

Une charpente métallique anti-espionnage

« Ce chantier est exceptionnel par le nombre et la particularité des contraintes qui s’exercent », indique Eric Chartron, le directeur de l’agence Toulon-Provence-Alpes-Côte-d’Azur de Bureau Veritas, en charge de la coordination sécurité et protection de la santé des lieux. Le projet se situe à une dizaine de mètres sous le niveau de la mer, et prévoit une charpente métallique fermée afin de préserver la confidentialité des opérations de maintenance auxquelles seront soumis les « Barracudas ».

Le premier, baptisé Suffren, va bientôt entamer ses essais à la mer à Cherbourg. Il est attendu à Toulon courant 2020.

C’est une évolution majeure pour le plus grand port de guerre européen. Avec ses 99 mètres de long, ses 8,8 mètres de diamètre et ses 4 600 tonnes, les Suffren demeureront, certes, les plus petits des sous-marins d’attaque en service dans le monde, mais ils seront tout de même deux fois plus gros que les Rubis - ce qui leur permettra  d’être  plus autonome et mieux armés.

Reprises des flancs du bassin, confortement du radier, mise aux normes antisismiques les plus récentes, réfection du mécanisme d’obturation du bassin, et de la station de pompage, création d’un dispositif de couverture, aménagement des terre-pleins sur les quais… « Ce chantier est surtout exceptionnel par le nombre et la particularité des contraintes qui s’exercent », indique Eric Chartron. « Nous travaillons à l’intérieur d’un espace confiné géographiquement, au bord de l’eau, avec des vents potentiellement forts qui peuvent mettre en danger les engins de levage ; le régime d’accès est très strict en raison de l’activité opérationnelle permanente des sous-marins et de la présence des installations nucléaires ».

L’accès au chantier est très strict en raison de la présence des installations nucléaires

Éric Chartron Directeur de l’agence Toulon-Provence-Alpes-Côte-d’Azur de Bureau Veritas

La qualité et la sécurité, les deux maîtres mots

Dans une première phase, Bureau Veritas prend en charge le contrôle technique et les mesures pour garantir la sécurité des intervenants. Ses experts travaillent sur place. Après avoir rendu leurs avis techniques sur les plans élaborés par les entreprises, ils vérifient la conformité des ouvrages livrés : cotes, solidité, qualité du béton, calcul des structures… Ils auditent le Plan particulier de sécurité et de protection de la santé (le « PPSPS ») des personnels de chaque entreprise, puis ils établissent un plan général de coordination (« PGC ») pour le compte du maître d’ouvrage. A l’issue de ce premier chantier, la zone sera de nouveau disponible pour conduire les opérations de maintenance des Rubis puis des Barracudas, pendant qu’un second bassin et un second quai seront à leur tour modernisés. Après la réfection du troisième bassin, les installations couvriront les besoins de stationnement à quai et d’entretien des six SNA de nouvelle génération.

La qualité et la sécurité, les deux maîtres mots de ce chantier, constituent aussi le double marqueur du monde des sous-marins et du nucléaire. Particularités des marines océaniques de premier rang adossées à un tissu industriel performant, les SNA restent les objets industriels les plus complexes au monde à concevoir et à fabriquer. Dans les Suffren, les ingénieurs de la Direction générale de l’armement (maître d’ouvrage), de Naval Group (l’industriel concepteur et ensemblier) et TechnicAtome en charge des chaufferies nucléaires  ont logé 750 000 équipements. Ultra silencieux, bardés de capteurs dernier cri, les Suffren seront les yeux et les oreilles de la Marine nationale au large, et les chiens de garde de son groupe aéronaval et de ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), assurant la dissuasion nucléaire. Sur ordre, ils pourront projeter à terre des commandos ou tirer leurs missiles de croisière naval (MdCN) dans la profondeur d’un territoire ennemi.

Une mission « au large » des plus stratégiques, et qui commence dès aujourd’hui, au sec à Toulon.

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