Vue de vignes et label HVE (pour Haute Valeur Environnementale)

Label HVE : pourquoi vous allez boire de plus en plus de vin certifié

28 nov. 2019 - 2 min

Le label HVE, pour Haute Valeur Environnementale, avec son logo associé, commence à apparaître sur certains produits, notamment sur les bouteilles de vin. Logique car ce sont les vignerons qui, les premiers, ont cru en ce label, mettant en avant la préservation de la biodiversité, des sols et de l’eau. Explications.

HVE, pour Haute Valeur Environnementale. Trois lettres vouées à un grand avenir. Peut-être avez-vous déjà vu ce label apposé sur la dernière bouteille de vin que vous avez achetée ? Si ce n’est pas le cas, cela ne tardera sans doute pas. Issu du Grenelle de l’environnement de 2008, ce label, après quelques années de gestation, arrive enfin à maturité.

Le principe ? Comme son nom le suggère, il s’agit de faire reconnaître et valoriser les bonnes pratiques environnementales des exploitations  agricoles françaises. On entend par là la sauvegarde de la biodiversité et la plus faible dépendance possible aux intrants, phytosanitaires, engrais et autres utilisations de ressources énergétiques.

Un label officiel

Ce label rassurera le consommateur et l’incitera à choisir un produit disposant du logo. Même dans l’ombre, la HVE s’est bien développée. « Il n’y avait que 24 exploitations HVE en 2012, 841 en 2018 et, au 1er janvier 2019, 1518 », relève Isabelle Peumery, chargée d’affaires au sein de Bureau Veritas Certification. Au 1er juillet 2019, on en comptait 2272, selon les données officielles du ministère de l’Agriculture. Cela signifie qu’il s’est certifié, en six mois, davantage d’exploitations qu’en une année auparavant.

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Le signe, donc, que quelque chose émerge à vitesse grand V. « Dans le lot, même si ce label rassemble plusieurs filières de production, c’est dans la viticulture que l’on en retrouve le plus », pointe Isabelle Peumery. C’est même une immense majorité puisque le ministère en dénombre 1904 dans ce secteur au 1er juillet, soit 83% du total. A cela une explication très rationnelle : ce sont les vignerons qui, les premiers, ont cru au succès du label HVE.

Les vignerons au premier plan

« Nous devons communiquer de manière positive sur nos métiers et ce label nous offre un bon moyen pour le faire », soutient Philippe Pellaton, président du Syndicat Général des Vignerons des Côtes du Rhône, qui représente quelque 6.000 vignerons, pour 45.000 à 50.000 hectares et une production de l’ordre de 2,3 millions d’hectolitres par an.

Conscients de la nécessité de s’engager en faveur d’une agriculture durable et de la biodiversité, les vignerons des Côtes du Rhône, comme d’autres, n’ont pas attendu ce label HVE pour avancer. « En tout, depuis quelques années, nous avons noué des partenariats avec six ou sept organismes ou associations différents autour de thématiques particulières », précise Philippe Pellaton.

Le syndicat s’est ainsi déjà engagé à utiliser moins de désherbants dans ses vignes, de même qu’il s’est associé à la Ligue de protection des oiseaux ou avec des apiculteurs locaux pour remettre des ruches à proximité des vignobles, comme avec une association de préservation des chauves-souris, très utiles pour limiter la prolifération d’insectes nuisibles au raisin. Bref, le syndicat fourmillait d’idée pour jouer son rôle dans son terroir et veiller au maintien de la biodiversité. Ce label HVE vient d’une certaine manière coiffer tout cela en mettant en valeur tous ces efforts. C’est là qu’intervient un organisme comme Bureau Veritas Certification. « Ce label est conçu comme une démarche de progrès construite autour de quatre grandes thématiques : la protection de la biodiversité, la stratégie d’utilisation de produits phytosanitaires, la gestion de la fertilisation et enfin, la gestion de l’eau, liste Isabelle Peumery. Nous intervenons pour valider que ces différents points soient respectés. »

Le label dispose de trois niveaux, afin de pouvoir avancer étape par étape. Le premier est atteint si les pratiques essentielles de la réglementation environnementale sont respectées et amène l’exploitant à réaliser son évaluation au regard des cahiers des charges de niveau 2 ou de niveau 3. Le deuxième rassemble des exigences de moyens permettant de raisonner les apports d’intrants et de limiter les fuites dans le milieu. Le troisième, enfin, rassemble des exigences de résultats, mesurables via des indicateurs de performance environnementale.

C’est ce troisième niveau que le Syndicat des Côtes du Rhône entend atteindre directement, « dans les deux ou trois ans à venir, maximum ». « Nous venons sur place, au minimum pendant trois ou quatre heures, pour vérifier que les déclarations effectuées sont exactes. Si on nous déclare 100 mètres de haies sur la parcelle, elles doivent y être », témoigne Isabelle Peumery. C’est seulement après ce contrôle que la certification peut être obtenue. Laquelle est valable pour une durée de trois ans, avec des contrôles de suivi réguliers durant cette période. De quoi rassurer les consommateurs vis à vis de ces produits une fois disponibles en rayons.

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